Bronchiolite 2026-2027 : Beyfortus ou Enflonsia, quel anticorps pour protéger bébé cet hiver ?

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Bronchiolite 2026-2027

Depuis le 14 septembre 2026, la campagne de prévention contre la bronchiolite a repris dans toute la France métropolitaine. Nouveauté de cette saison : un deuxième anticorps, Enflonsia (clesrovimab), rejoint Beyfortus (nirsevimab) dans les maternités et les pharmacies.

 

De quoi faire hésiter les jeunes parents.
Voici ce qui les distingue vraiment, ce qu'ils ont en commun et comment s'organiser pour que bébé soit protégé avant le pic de l'épidémie.

 

Bronchiolite et VRS : pourquoi la protection se prépare dès septembre

La bronchiolite est une infection des petites bronches qui touche surtout les enfants de moins de 2 ans. Dans la grande majorité des cas, elle est due au virus respiratoire syncytial (VRS), un virus très contagieux qui circule chaque année de l'automne à la fin de l'hiver. Chez un adulte, il provoque un simple rhume ; chez un nourrisson de quelques semaines, il peut gêner la respiration et l'alimentation au point de nécessiter une hospitalisation. Pour mieux comprendre ce virus, vous pouvez consulter notre article sur le virus respiratoire syncytial.

Depuis l'hiver 2023-2024, la France dispose d'une immunisation pour tous les nourrissons, et les études françaises menées après l'arrivée de Beyfortus ont montré une baisse d'environ 80 % des hospitalisations pour bronchiolite à VRS chez les bébés immunisés. En Auvergne-Rhône-Alpes, par exemple, l'ARS a observé moins de passages en réanimation pédiatrique lors de la saison 2024-2025 (79 contre 108 la saison précédente).

Si la campagne démarre dès la mi-septembre alors que l'épidémie culmine généralement entre novembre et janvier, c'est pour une raison simple : un anticorps protège immédiatement, mais il faut qu'il soit administré avant que le virus ne circule activement. La campagne 2026-2027 court du 14 septembre 2026 au 28 février 2027 en métropole (dates décalées dans les Antilles, à La Réunion, à Mayotte et en Guyane), selon le message DGS-Urgent publié par le ministère de la Santé.

 

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Beyfortus et Enflonsia : ce qui les rapproche, ce qui les distingue

Beyfortus et Enflonsia ne sont pas des vaccins au sens strict. Ce sont des anticorps monoclonaux : au lieu d'apprendre au système immunitaire de bébé à se défendre, on lui apporte directement des anticorps « prêts à l'emploi » qui neutralisent le VRS. La protection est donc immédiate et dure environ cinq mois, soit toute une saison épidémique. Les deux produits sont indiqués pour tous les nourrissons pendant leur première saison de VRS, qu'ils soient nés à terme, prématurés, avec ou sans facteur de risque.

Voici les principales différences à connaître :

  • Le laboratoire : Beyfortus est commercialisé par Sanofi (développé avec AstraZeneca), Enflonsia par MSD.
  • La dose : Beyfortus s'adapte au poids (50 mg sous 5 kg, 100 mg à partir de 5 kg). Enflonsia utilise une dose fixe de 105 mg, quel que soit le poids du nourrisson, ce qui simplifie la prescription et la délivrance.
  • L'efficacité mesurée : dans l'essai clinique Clever (3 632 bébés), Enflonsia a réduit de 60 % les infections respiratoires basses à VRS et de 84 % les hospitalisations liées au VRS par rapport à un placebo. Beyfortus affiche des résultats du même ordre, confirmés par plusieurs saisons d'utilisation en vie réelle.
  • La deuxième saison : seul Beyfortus est prévu pour les enfants fragiles (maladie cardiaque ou pulmonaire, par exemple) jusqu'à 24 mois lors de leur deuxième hiver. Enflonsia est réservé à la première saison.
  • Le recul : Beyfortus est utilisé en France depuis 2023, Enflonsia arrive cette année.

En pratique, pour un bébé en bonne santé qui affronte son premier hiver, les autorités sanitaires ne hiérarchisent pas les deux anticorps. Le choix dépend surtout de la disponibilité dans votre maternité ou votre pharmacie et de l'avis du professionnel qui suit votre enfant. L'essentiel reste que bébé reçoive l'un ou l'autre au bon moment. Les effets indésirables rapportés sont rares et bénins (réaction au point d'injection, éruption passagère).

 

Vacciner maman pendant la grossesse ou immuniser bébé à la naissance ?

Les anticorps ne sont pas la seule option. Les femmes enceintes peuvent recevoir le vaccin Abrysvo entre la 32e et la 36e semaine d'aménorrhée. Le principe est différent : la future maman fabrique ses propres anticorps, qui traversent le placenta et protègent le nouveau-né dès sa naissance, pendant ses premiers mois. Cette vaccination est prise en charge par l'Assurance maladie.

Les deux stratégies sont considérées comme équivalentes par la Direction générale de la santé, et le choix revient aux parents, accompagnés par leur sage-femme, leur gynécologue ou leur médecin. Il ne faut pas cumuler les deux : si la maman a été vaccinée, bébé n'a en principe pas besoin d'anticorps monoclonal. Il existe toutefois des exceptions où l'anticorps reste recommandé malgré la vaccination maternelle : naissance survenue moins de 14 jours après l'injection du vaccin (le temps que les anticorps se forment), mère immunodéprimée, ou vaccin Abrysvo reçu lors d'une grossesse précédente.

Si votre terme est prévu en plein automne ou en hiver, parlez-en dès le début du troisième trimestre, lors d'une consultation prénatale. C'est aussi le bon moment pour faire le point sur les autres vaccins recommandés pendant la grossesse, comme le vaccin contre la grippe pour la femme enceinte, dont la campagne débute à la mi-octobre.

 

Où, quand et à quel prix : le parcours pratique

Le parcours dépend de la date de naissance de votre enfant. Pour un bébé né pendant la campagne, l'anticorps est idéalement proposé à la maternité, avant la sortie. Pour un bébé né avant le 14 septembre, qui entre dans sa première saison de VRS, il faut une ordonnance de votre médecin, de votre pédiatre ou de votre sage-femme.

Voici les étapes clés :

  • Ordonnance : elle est nominative, établie par le médecin, le pédiatre ou la sage-femme.
  • Délivrance : Beyfortus et Enflonsia sont disponibles en pharmacie de ville et doivent être conservés au réfrigérateur entre 2 et 8 °C jusqu'à l'injection.
  • Injection : elle est réalisée par un médecin, une sage-femme ou une infirmière. Les pharmaciens ne peuvent pas injecter aux enfants de moins de 11 ans.
  • Remboursement : les deux anticorps sont remboursés à 65 % par l'Assurance maladie pour la première saison, le reste étant généralement couvert par la complémentaire santé.

Même bien protégé, bébé peut encore attraper un rhume ou une forme légère de bronchiolite, car aucun produit n'est efficace à 100 %. Les gestes barrières gardent donc tout leur intérêt : se laver les mains avant de prendre bébé, éviter les lieux très fréquentés et les bisous des personnes enrhumées, aérer la chambre chaque jour et ne jamais fumer dans le logement. Il est aussi utile de savoir reconnaître les signes d'une bronchiolite chez bébé : respiration rapide, creusement sous les côtes, biberons pris à moins de la moitié ou fatigue inhabituelle doivent conduire à consulter sans attendre.

 

Vos questions fréquentes concernant Beyfortus et Enflonsia

 

1. Mon bébé est né en juillet : peut-il encore être protégé cet hiver ?
Oui. Les nourrissons nés avant le début de la campagne et qui entrent dans leur première saison de VRS peuvent recevoir Beyfortus ou Enflonsia. Demandez une ordonnance à votre pédiatre ou à votre médecin, idéalement avant le mois de novembre.

 

2. Peut-on faire l'anticorps le même jour que les vaccins obligatoires ?
Oui, l'injection peut être réalisée lors de la même consultation que les vaccins du calendrier du nourrisson, à un endroit différent du corps.

 

3. Si mon enfant a reçu Beyfortus l'an dernier, doit-il recommencer cette année ?
Pas s'il est en bonne santé : la recommandation concerne la première saison. Pour les enfants fragiles jusqu'à 24 mois, notamment ceux atteints d'une maladie cardiaque ou pulmonaire, une dose de Beyfortus peut être prescrite pour le deuxième hiver.

 

4. J'ai reçu le vaccin Abrysvo pendant ma grossesse : bébé a-t-il aussi besoin d'un anticorps ?
En principe non. L'anticorps n'est recommandé que si bébé est né moins de 14 jours après votre vaccination, si vous êtes immunodéprimée ou si le vaccin date d'une grossesse précédente.

 

5. Enflonsia est-il moins efficace que Beyfortus ?
Ils n'ont pas été comparés directement, mais leurs résultats contre les hospitalisations sont du même ordre. Les autorités de santé les placent au même niveau pour la première saison.

 

6. Combien vais-je payer ?
Les deux produits sont remboursés à 65 % par l'Assurance maladie. Avec une mutuelle, le reste à charge est le plus souvent nul. Si l'injection est faite à la maternité, vous n'avez rien à avancer.

 

Bronchiolite 2026-2027 : l'essentiel à retenir avant l'hiver

Beyfortus ou Enflonsia ? Pour un nourrisson qui affronte son premier hiver, la bonne réponse est surtout celle qui est disponible au bon moment. Les deux anticorps offrent une protection immédiate d'environ cinq mois, avec une injection unique et un remboursement identique. Enflonsia se distingue par sa dose fixe, Beyfortus par son recul et sa possible utilisation lors d'un deuxième hiver chez les enfants fragiles.

Pour les futures mamans, le vaccin Abrysvo en fin de grossesse est une alternative tout aussi valable. Le plus important est d'anticiper, dès la consultation prénatale ou en demandant une ordonnance au pédiatre si bébé est né avant septembre. Associée aux gestes barrières du quotidien, cette protection permet d'aborder la saison des virus avec davantage de sérénité.

 

 

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