Comment gérer les comportements de votre enfant sans nuire à son estime de soi

Ce que vous allez trouver dans cet article[Afficher]
Petit enfant qui colorie un coeur

Éduquer un enfant est un véritable défi quotidien. Entre le besoin de poser des limites et celui de préserver sa confiance en lui, les parents marchent souvent sur un fil. Dès la naissance, les tout-petits expérimentent différents comportements pour communiquer leurs besoins et tester leur environnement. Mais comment intervenir efficacement sans laisser des traces durables sur leur développement émotionnel ? La clé réside dans une approche qui distingue clairement les comportements de l'identité de l'enfant. Découvrez comment accompagner votre enfant vers l'autonomie tout en construisant une estime de soi solide.

 

Les besoins fondamentaux de l'enfant : du contact physique à la reconnaissance

Dès leur naissance, les enfants commencent à tester des comportements qu'ils ont dans le micromonde que constituent leurs parents. Les comportements qu'ils adoptent sont liés à leur tempérament. Il y a des enfants très calmes, d'autres plus agités. Les bébés cherchent la satisfaction immédiate de tous les besoins qu'ils ont. Dans certains cas, cette immédiateté est justifiée, parce qu'ils ne peuvent pas couvrir eux-mêmes certains besoins physiologiques et la nature ne leur donne pas les outils pour pouvoir y répondre efficacement d'eux-mêmes.

Ils cherchent à téter ou à calmer leur douleur immédiatement et, pour y arriver, utilisent les pleurs comme instrument habituel pour attirer l'attention des parents. Les bébés ont également besoin de contact physique et émotionnel, pour se sentir aimés. Aujourd'hui, nous savons que le besoin de contact est également fondamental pour tous les êtres humains, autant que la nourriture, ou même plus. L'être humain, sans le toucher, peut mourir. Les études en psychologie du développement confirment que les enfants privés de contacts affectifs présentent des retards de croissance et des difficultés relationnelles à long terme.

Lorsque les enfants ont couvert tous ces besoins physiologiques, ils attendent un autre type de « contact physique » de leurs parents. Ils ont besoin d'une autre vitamine : la reconnaissance. Ils aiment qu'on les applaudisse et qu'on leur sourie. Cette reconnaissance agit comme un carburant émotionnel qui nourrit leur confiance et leur sentiment de valeur personnelle.

Même si, toutefois, ils ne sont pas prêts à renoncer à d'autres choses, comme :

  • La nécessité d'accaparer l'attention des parents
  • Le besoin qu'on les écoute immédiatement
  • L'envie de jouer à l'endroit qu'ils ont décidé
  • Le désir d'explorer sans contraintes

 

*
*
*
*
*
J'accepte la cession de mes données personnelles aux partenaires de Bébés et Mamans (Pampers, P&G, Laboratoire Guigoz et les marques Nestlé France, Mattel, Fisher-Price, Kiabi...) afin de recevoir des promotions et des offres par email, téléphone, sms et voie postale de leur part.
Oui, j'accepte de recevoir de temps en temps des informations et offres par WhatsApp de la part des grandes marques de la puériculture, partenaires de Bébés et Mamans.

Gérer les comportements sans étiqueter l'enfant

Beaucoup des comportements de l'enfant vont contre ce que nous, adultes, nous considérons juste. Au fur et à mesure qu'ils grandissent, nous augmentons le niveau de pression « éducative » : « on fait ça comme ça », « ce n'est pas bien ». Les parents finissent par réprimer les comportements de leurs enfants qui ne leur semblent pas convenables. Cela car nous avons besoin de nous dire et de nous convaincre, d'abord, nous-mêmes, puis la société, que nous éduquons bien nos enfants.

Il est absolument nécessaire de contrôler ce type de comportement de l'enfant, qui s'écarte ostensiblement de ce que nous considérons nécessaire pour une cohabitation appropriée, maintenant et dans l'avenir. Cependant, la manière dont nous intervenons fait toute la différence.

Voici la question essentielle : il est nécessaire de contrôler les enfants mais, comment les réprimer de façon constructive ?

Comment pouvons-nous leur faire voir que ce n'est pas une affaire personnelle, mais que c'est nécessaire pour leur avenir ? La tâche n'est pas simple. Pour commencer, il faudrait peut-être changer le mot que nous utilisons pour le décrire et, au lieu de réprimer, nous pourrions éventuellement appeler cela gérer. Deuxièmement, nous devrions parler de comportements, et non pas des manières d'être.

Ce n'est pas la même chose de dire « tu es un pleurnichard », que de dire « si tu pleures maintenant, tu n'obtiendras pas ce que tu veux ». L'idée est de gérer les comportements que nous n'aimons pas sans faire appel à ce que l'enfant est, ou peut être, à son identité, à son essence. Cela peut peut-être sembler ridicule mais ça pourrait être l'une des clés d'une éducation efficace.

 

L'impact des étiquettes sur le développement psychologique

Les psychologues du développement sont unanimes : les mots que nous utilisons façonnent l'image que l'enfant a de lui-même. Nous pensons que cela évitera, si possible, que l'enfant réprime, en général, un comportement qui, dans certains cas, sera justifié et sera même nécessaire. « Pleurnichard » est une étiquette que nous pouvons coller à l'enfant dès le début.

En faisant uniquement appel à son comportement, nous pourrions réduire ce que C. Jung a appelé « l'ombre ». Lorsque nous sommes plus âgés, nous cachons ce type de comportement et cela nous générera des problèmes dans certaines situations, car nous projetterons sur les autres ce que nous cachons. Nous avons décidé de cacher une partie de nous parce que quelqu'un s'est chargé de la réprimer à plusieurs reprises dans le passé.

On ne nous aimait pas car nous étions pleurnichards, donc nous ne montrons plus que nous sommes un pleurnichard mais, dans le fond, nous continuons de l'être, mais comme rien ne sort, cela vit encore avec nous. Ce phénomène psychologique explique pourquoi certains adultes réagissent de manière disproportionnée face aux émotions des autres.

Cela fera que, quand quelqu'un pleure, l'enfant, qui est déjà adulte, se sentira irrité et ne l'admettra pas comme quelque chose de normal dans de nombreuses situations de la vie, ce qui provoque des conflits et des situations désagréables et problématiques. Les recherches en neurosciences affectives montrent que les émotions refoulées pendant l'enfance créent des schémas de réponse automatiques qui peuvent persister toute la vie.

 

Construire l'estime de soi pour favoriser l'autonomie

Autrement dit, si l'estime de l'enfant quand il devient plus grand n'est pas la bonne, sa capacité de relation et d'action peut en être affectée. L'une des clés de l'éducation consiste à atteindre l'autonomie de l'enfant pour qu'il arrive à l'âge adulte avec le maximum de garanties vitales.

Pour ce faire, nous devons éduquer leur estime de soi, en renforçant leurs points forts et en travaillant à améliorer leurs points faibles. Voici quelques principes fondamentaux pour y parvenir :

  • Valoriser les efforts plutôt que les résultats
  • Encourager l'expression des émotions sans jugement
  • Offrir des choix adaptés à l'âge de l'enfant
  • Célébrer les petites victoires du quotidien
  • Maintenir une cohérence entre les paroles et les actes

Pour cela, leur coller des étiquettes n'est pas le plus approprié. Les spécialistes de l'enfance recommandent plutôt d'utiliser un langage descriptif qui nomme le comportement observé sans porter de jugement sur la personne. Par exemple, remplacer « tu es désordonné » par « je vois que tes jouets sont éparpillés dans le salon » permet à l'enfant de comprendre ce qui est attendu sans se sentir dévalorisé.

L'estime de soi se construit au quotidien, à travers chaque interaction, chaque mot et chaque regard que nous portons sur nos enfants. En tant que parents, nous avons le pouvoir extraordinaire de leur donner les bases d'une confiance solide qui les accompagnera tout au long de leur vie.

 

Vos questions fréquentes concernant l'éducation et l'estime de soi de l'enfant

 

1. À partir de quel âge peut-on commencer à travailler sur l'estime de soi de l'enfant ?
L'estime de soi se construit dès la naissance. Les premiers mois de vie sont cruciaux car le bébé développe un sentiment de sécurité à travers les soins qu'il reçoit. Chaque câlin, chaque réponse à ses pleurs et chaque sourire contribue à lui faire comprendre qu'il est aimé et qu'il a de la valeur.

 

2. Comment réagir face aux colères de mon enfant sans utiliser d'étiquettes négatives ?
Lorsque votre enfant fait une colère, décrivez ce que vous observez sans juger : « Je vois que tu es très en colère en ce moment ». Ensuite, aidez-le à nommer son émotion et proposez-lui des alternatives pour l'exprimer. Évitez les phrases comme « tu fais toujours des caprices » qui créent une étiquette durable.

 

3. Les compliments peuvent-ils avoir un effet négatif sur l'estime de soi ?
Les compliments généraux comme « tu es intelligent » peuvent créer une pression de performance. Privilégiez les compliments descriptifs qui valorisent l'effort : « Tu as beaucoup travaillé sur ce dessin, je remarque tous les détails que tu as ajoutés ». Cela encourage la persévérance plutôt que la recherche de validation externe.

 

4. Mon enfant se compare constamment aux autres, comment l'aider ?
La comparaison est naturelle mais peut devenir problématique. Aidez votre enfant à reconnaître ses propres forces et progrès. Créez des moments pour célébrer ses réussites personnelles, même les plus petites. Expliquez-lui que chacun avance à son rythme et que ses qualités lui sont propres.

 

Conclusion

Éduquer un enfant en préservant son estime de soi demande patience et conscience de nos propres mots. La distinction entre le comportement et l'identité de l'enfant est fondamentale pour lui permettre de grandir en confiance. En adoptant un langage descriptif, en évitant les étiquettes et en valorisant les efforts plutôt que les résultats, vous offrez à votre enfant les outils nécessaires pour devenir un adulte épanoui et autonome. Cette approche éducative, loin d'être permissive, pose des limites claires tout en respectant la personne en construction qu'est votre enfant.

 

 

banner bebe