Pourquoi fait-on moins de bébés en France ? Pour 56 % des Français, la réponse tient d'abord au coût de la vie. C'est l'un des enseignements d'un sondage Ipsos bva réalisé pour le Conseil économique, social et environnemental (CESE), présenté le mercredi 28 octobre 2026 avec son rapport annuel sur l'état de la France, consacré cette année au « basculement démographique ».
Le sondage dit aussi ce qui, selon les Français, aiderait vraiment les familles : mieux concilier travail et vie de famille, trouver un mode de garde, se loger. Voici ce qu'il faut retenir, et ce que vous pouvez déjà mobiliser si vous attendez ou élevez un enfant.
Natalité : ce que dit le rapport du CESE du 28 octobre
Le CESE, l'assemblée consultative qui représente les syndicats, le patronat et les associations, a adopté le 28 octobre son rapport annuel sur l'état de la France (RAEF 2026), intitulé « Face au basculement démographique : aspirations et inquiétudes des Français ». L'avis a été voté à l'unanimité. Le constat de départ est connu : en 2025, la France a enregistré environ 644 000 naissances, près d'un quart de moins qu'en 2010, selon l'Insee.
Plutôt que des « incantations natalistes », comme le résume Le Monde, le CESE plaide pour une planification globale des politiques publiques face au vieillissement et à la baisse des naissances : santé, retraites, école, emploi, logement. Selon l'AFP, le rapport rappelle que les établissements scolaires pourraient perdre près de 1,7 million d'élèves d'ici 2035, et propose de profiter de cette baisse pour améliorer la qualité de l'école, notamment en réduisant le nombre d'élèves par classe. Il insiste aussi sur la nécessité de soutenir les familles et de préserver la liberté de choix en matière de parentalité.
Nous avions déjà fait le point sur les chiffres de la natalité dans notre article moins de bébés en France en 2026 : les chiffres de l'Insee et les vraies raisons avancées par les familles.

Le coût de la vie, premier frein cité par les Français
Le sondage Ipsos bva a été réalisé du 4 au 16 septembre 2026 auprès de 1 024 personnes représentatives de la population. Parmi douze explications proposées, les Français placent en tête :
- Les difficultés économiques et le coût de la vie : 56 % ;
- Les incertitudes économiques et géopolitiques : 36 % ;
- L'accès au logement : 26 % ;
- Le non-désir d'enfant : 19 %.
Le sentiment de manquer de marge est particulièrement fort chez les jeunes adultes, à l'âge où l'on fonde souvent une famille : 53 % des 25-34 ans estiment que leur revenu couvre tout juste leurs besoins essentiels, ou ne les couvre pas. C'est aussi le cas de 56 % des familles monoparentales et de 54 % des parents d'au moins trois enfants.
Attention toutefois : ces réponses mesurent ce que les Français perçoivent, pas les raisons individuelles pour lesquelles chacun a, ou n'a pas, d'enfant. Mais elles rejoignent ce que disent beaucoup de couples qui repoussent un projet de bébé. Pour vous faire une idée concrète du budget, lisez combien coûte un enfant la première année et quelles sont les aides, et notre point sur ce que coûte vraiment un bébé avec l'inflation.
Garde, conciliation, logement : ce qui aiderait vraiment les familles
Le sondage a aussi demandé quelles mesures seraient efficaces pour soutenir les familles. Le verdict est net, et ce ne sont pas d'abord les primes qui arrivent en tête :
- Mieux concilier vie professionnelle et vie familiale : 75 % ;
- Des solutions de garde accessibles : 73 % ;
- Une politique du logement adaptée aux familles : 70 % ;
- Des aides financières : 62 % ;
- Des congés de naissance plus longs ou mieux indemnisés : 60 %.
À noter : 42 % des Français estiment qu'il n'appartient pas aux pouvoirs publics d'encourager la natalité, et cette proportion monte à 53 % chez les moins de 35 ans. Autrement dit, les Français attendent moins qu'on les pousse à faire des enfants qu'on leur facilite la vie quand ils en ont. Enfin, 90 % jugent urgent d'agir face au basculement démographique, et 82 % pensent qu'il est encore temps.
Ce que vous pouvez déjà mobiliser si vous attendez un bébé
En attendant d'éventuelles nouvelles mesures, plusieurs dispositifs existent déjà. Les connaître permet d'alléger un peu la facture et l'organisation :
- Les aides de la CAF : la prime à la naissance, l'allocation de base de la PAJE selon vos ressources, puis le complément de libre choix du mode de garde. Notre guide PAJE 2026 : combien pouvez-vous toucher détaille les montants et la demande.
- Le congé de naissance : ses conditions et son calendrier sont expliqués dans notre guide complet du nouveau congé de naissance. Le budget de la Sécurité sociale pour 2027 est en cours d'examen au Parlement : nous avons fait le point sur ce que le rejet par les députés change pour les allocations et le congé de naissance.
- Le mode de garde : inscrivez-vous tôt, dès la grossesse si possible. Nos 7 astuces pour ne pas rester bloquée sur la liste d'attente de la crèche et notre comparatif assistante maternelle ou crèche vous aideront à choisir. Pensez aussi à la crèche d'entreprise et à la garde partagée.
- Le logement : certaines aides sont peu connues, comme celles d'Action Logement. Lisez les aides pour vous loger après bébé.
- La conciliation avec le travail : télétravail, temps partiel, congé parental… Chaque option a ses avantages et ses contreparties. Notre article bébé et télétravail donne des pistes réalistes.
Vos questions fréquentes concernant la baisse de la natalité
1. Combien de bébés sont nés en France en 2025 ?
Environ 644 000 à 645 000 selon l'Insee, soit près de 24 % de moins qu'en 2010. La baisse se poursuit depuis une quinzaine d'années.
2. Qu'est-ce que le CESE ?
Le Conseil économique, social et environnemental est la troisième assemblée de la République, à côté de l'Assemblée nationale et du Sénat. Il rend des avis consultatifs : ses recommandations ne s'appliquent pas automatiquement, mais elles éclairent le gouvernement et le Parlement.
3. Le rapport du CESE annonce-t-il de nouvelles aides pour les parents ?
Non. Le CESE formule des recommandations, il ne crée pas d'aides. Toute nouvelle mesure devra passer par le gouvernement et le Parlement, notamment lors du vote du budget.
4. Le coût de la vie est-il la seule raison de la baisse des naissances ?
Non. Les démographes citent aussi l'âge plus tardif au premier enfant, les difficultés à concilier carrière et famille, les inquiétudes face à l'avenir et une part croissante de personnes qui ne souhaitent pas d'enfant. Le sondage mesure des perceptions, pas des causes individuelles.
5. Vous avez un projet de bébé : par où commencer ?
Faites le point sur votre budget et vos droits (CAF, congés, garde), et prenez rendez-vous pour une consultation préconceptionnelle avec votre médecin ou votre sage-femme.
Conclusion
Le rapport du CESE et le sondage Ipsos présentés le 28 octobre confirment ce que vivent beaucoup de familles : le coût de la vie, le logement et la difficulté à faire garder son enfant pèsent lourd dans le projet d'avoir un bébé. Les Français attendent surtout des mesures concrètes pour concilier travail et vie de famille. En attendant, ne passez pas à côté des aides et des droits qui existent déjà : un rendez-vous avec la CAF ou l'assistante sociale de votre maternité peut faire une vraie différence.


