Les soirées raccourcissent, la fatigue du troisième trimestre s'installe et, le soir venu, l'envie de passer un moment à deux ressemble parfois à une montagne.
Vous n'êtes pas seule : une baisse de désir pendant la grossesse est très fréquente, et elle ne dit rien de la solidité de votre couple. Voici comment comprendre ce qui se passe et comment maintenir le lien quand l'hiver arrive.
Pourquoi l'envie baisse (ou change) pendant la grossesse
La grossesse bouscule le corps et la tête. Les hormones fluctuent, la fatigue du premier et du troisième trimestre pèse, les nausées, les brûlures d'estomac ou les douleurs dans le dos s'invitent, et le corps change : certaines femmes s'y sentent bien, d'autres moins. L'automne et l'hiver ajoutent leur lot de coups de mou : moins de lumière, plus de rhumes, des soirées où l'on rêve surtout d'un canapé et d'une couverture.
Le désir, lui, varie d'une femme à l'autre et d'un trimestre à l'autre. Il peut augmenter au deuxième trimestre, quand l'énergie revient, puis diminuer à nouveau avant la naissance. Pour comprendre ces variations, notre article sur la libido pendant la grossesse détaille ce qui joue dans un sens ou dans l'autre. Ce qui compte, c'est de savoir que cette baisse est normale et le plus souvent temporaire.
Il arrive aussi que la femme enceinte se sente moins attirante, ou ne reconnaisse plus son corps. Ce regard sur soi pèse sur l'envie, parfois plus que la fatigue elle-même. Dans ce cas, le regard et les mots de l'autre comptent beaucoup : un compliment sincère, un geste tendre, un intérêt réel pour ce que vous vivez ont souvent plus d'effet que n'importe quel conseil.

Du côté du futur papa : un autre vécu
Le futur papa vit aussi cette période, avec ses propres émotions. Il peut hésiter par peur de faire mal au bébé, se sentir mis à distance par le ventre qui s'arrondit, ou ne pas oser exprimer son désir par crainte de paraître insistant. Certains éprouvent à l'inverse une envie accrue, qui peut créer un décalage. Ce qui fait vraiment du mal au couple, ce n'est pas l'écart d'envie, mais le silence : chacun interprète le comportement de l'autre à sa façon, et les malentendus s'installent. L'article sur les questions des papas à propos du sexe pendant la grossesse permet de lever bien des inquiétudes.
Sur le plan médical, les rapports sexuels sont en général possibles pendant une grossesse qui se déroule normalement, le bébé étant protégé par le liquide amniotique et le col de l'utérus. Dans certaines situations (menace d'accouchement prématuré, placenta bas recouvrant, saignements), le médecin ou la sage-femme peut les déconseiller : demandez-leur conseil si vous avez un doute.
Cinq façons de rester proches, avec ou sans sexualité
Maintenir le lien ne passe pas forcément par des rapports complets. Quelques idées simples :
- Parler franchement, à froid : un moment calme, pas dans la chambre à minuit, pour dire ce que l'on ressent sans reproche.
- Remplacer le « tout ou rien » par des gestes de tendresse : massages, bains à deux, câlins sans enjeu, caresses sur le ventre.
- Choisir le bon moment : pour beaucoup de femmes, l'énergie est meilleure le matin ou le week-end que le soir après une journée de travail.
- Adapter les positions à la taille du ventre et aux douleurs, en testant ce qui est confortable.
- Se réserver des moments à deux : un dîner, une balade ou une série à regarder ensemble, sans parler de la liste de naissance.
Il est précieux de se rappeler que l'intimité est plus large que la sexualité : se tenir la main, rire ensemble, se raconter sa journée construisent la complicité dont vous aurez besoin quand le bébé sera là.
Pensez aussi à la charge mentale. Quand l'un des deux porte presque tout (préparation de la chambre, démarches, rendez-vous médicaux), l'autre ne le voit pas toujours, et la fatigue se transforme en rancœur. Se répartir clairement les tâches, y compris celles qui concernent l'arrivée du bébé, libère de l'énergie pour le couple. Le futur papa peut prendre en charge les courses, les rendez-vous administratifs ou la préparation de la valise, et montrer ainsi qu'il partage vraiment ce projet. Pour mieux comprendre ce que traverse le futur père, voyez aussi comment la grossesse affecte le papa.
Quand l'hiver s'installe : petites habitudes qui aident
Avec le froid, on a tendance à se replier. Quelques habitudes aident à garder l'élan : sortir marcher en journée pour profiter de la lumière, soigner son sommeil avec des siestes courtes si besoin, adapter le rythme du soir (dîner plus tôt, écrans éteints plus tôt) et créer une ambiance chaleureuse à la maison : bougies sans parfum fort, plaid, musique douce. Aucune de ces choses ne garantit le désir, mais elles réduisent les obstacles.
Si la fatigue vous épuise au point de ne plus avoir envie de rien, parlez-en à votre sage-femme : une carence en fer, un mauvais sommeil ou une humeur très basse méritent d'être regardés. Et si la tension dans le couple persiste, une consultation avec un sexologue ou un conseiller conjugal peut aider à désamorcer le sujet.
Enfin, souvenez-vous que cette période est une transition. Les premiers mois avec un nouveau-né sont eux aussi exigeants pour l'intimité, et les couples qui ont pris l'habitude de parler de leurs envies, de leurs limites et de leurs besoins avant la naissance traversent généralement mieux cette étape.
Profiter dès maintenant de moments à deux, même simples, est un investissement pour la suite : une sortie au cinéma, un restaurant, une promenade en forêt aux couleurs d'automne sont autant de souvenirs avant l'arrivée du bébé.
Vos questions fréquentes concernant le couple pendant la grossesse
1. Est-ce normal de ne plus avoir envie pendant la grossesse ?
Oui, c'est très fréquent. La fatigue, les hormones et les changements du corps y contribuent, et le désir revient souvent après la naissance, à son rythme.
2. Peut-on faire l'amour jusqu'à la fin de la grossesse ?
En l'absence de contre-indication médicale, oui. En cas de doute, demandez l'avis de votre professionnel de santé.
3. Comment dire non sans blesser mon conjoint ?
En expliquant que ce n'est pas lié à lui, et en proposant une autre forme de proximité : un massage, un câlin, une soirée tranquille.
4. Le papa peut-il perdre le désir aussi ?
Oui, par peur de faire mal ou à cause du stress lié à la naissance. Le dialogue est la meilleure réponse.
5. À quel moment consulter ?
Si la tension s'installe, si l'un de vous souffre de la situation ou si la fatigue est invalidante. La sage-femme ou le médecin peuvent orienter.
Si vous vivez cette période seule ou à distance de votre conjoint, gardez le lien autrement : appels, messages, moments partagés à distance. L'important est de maintenir la complicité, quelle que soit la forme qu'elle prend, et de ne pas laisser le silence prendre toute la place.
Soyez indulgents l'un envers l'autre : personne ne traverse la grossesse de la même façon, et il n'existe pas de « bonne » fréquence ni de norme à atteindre.
Une dernière piste : réservez de temps en temps une soirée « sans bébé » dans les mois qui précèdent la naissance, pour vous retrouver.
Conclusion
Une envie en berne pendant la grossesse n'a rien d'une panne définitive : parlez-en, gardez des gestes de tendresse, et acceptez que le désir varie au fil des semaines. Le lien se construit aussi dans les petits moments du quotidien, surtout quand l'hiver rapproche.


