Si votre carnet de grossesse affiche un rendez-vous pour une hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO) en septembre, ce n'est pas un hasard de calendrier. Cet examen est programmé entre 24 et 28 semaines d'aménorrhée, une fenêtre qui coïncide très souvent avec la période de rentrée pour les femmes enceintes au printemps ou en début d'été.
Le HGPO est l'examen de référence pour dépister le diabète gestationnel, une hyperglycémie qui apparaît spécifiquement pendant la grossesse et qui concerne une proportion non négligeable des futures mamans en France.
Ce test remplace aujourd'hui l'ancien test de O'Sullivan, qui comportait une étape de dépistage suivie, en cas de résultat positif, d'un second test de confirmation. Depuis les recommandations du Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF), la démarche a été simplifiée : un seul test, l'HGPO à 75 g de glucose, permet de poser ou d'écarter le diagnostic en une seule séance. C'est justement cette simplification qui explique pourquoi l'examen est aujourd'hui systématiquement proposé aux femmes présentant des facteurs de risque, sans étape intermédiaire. Vous pouvez retrouver le détail de cette évolution dans notre article sur le test de O'Sullivan et le diabète pendant la grossesse.
Comprendre pourquoi cet examen arrive à ce moment précis de la grossesse permet de l'aborder plus sereinement, entre deux réunions de rentrée scolaire ou pendant la reprise du travail. C'est un test court, mais qui demande une petite organisation à anticiper. Il s'inscrit d'ailleurs dans un ensemble d'examens propres au deuxième trimestre de grossesse qu'il est utile de connaître à l'avance.
Comment se déroule concrètement le test HGPO ?
Le déroulé du test est standardisé et se fait en laboratoire d'analyses médicales, sur prescription de votre gynécologue, sage-femme ou médecin traitant. Il faut vous présenter à jeun depuis au moins 8 heures, ce qui signifie généralement un rendez-vous tôt le matin sans avoir mangé ni bu autre chose que de l'eau depuis la veille au soir.
Voici les grandes étapes du test :
- Une première prise de sang à jeun mesure votre glycémie de base.
- Vous buvez ensuite une solution sucrée contenant 75 g de glucose, à absorber en quelques minutes.
- Une deuxième prise de sang est réalisée une heure après l'absorption du glucose.
- Une troisième prise de sang intervient deux heures après, ce qui clôt l'examen.
Comptez environ deux à trois heures sur place, pendant lesquelles il est recommandé de rester assise et de limiter les efforts physiques pour ne pas fausser les résultats. Beaucoup de laboratoires autorisent à apporter un livre, une tablette ou de quoi s'occuper pendant l'attente entre les prélèvements. Il est conseillé de ne pas modifier son alimentation de façon drastique dans les jours qui précèdent le test : un régime trop pauvre en glucides juste avant l'examen peut fausser artificiellement les résultats à la hausse.
Côté ressenti, certaines femmes rapportent une sensation de nausée ou un léger inconfort après avoir bu la solution sucrée, en raison de sa forte concentration en sucre. Ce désagrément reste ponctuel et disparaît rapidement après le test.

Qui est concerné par ce dépistage et à quel moment ?
En France, le dépistage du diabète gestationnel ne concerne pas systématiquement toutes les femmes enceintes : il cible en priorité celles qui présentent au moins un facteur de risque. Ce ciblage permet d'orienter les ressources de dépistage vers les grossesses pour lesquelles la probabilité de diabète gestationnel est la plus élevée.
Les principaux facteurs de risque recherchés par votre professionnel de santé sont :
- un âge maternel de 35 ans ou plus,
- un surpoids ou une obésité avant la grossesse,
- un antécédent familial de diabète de type 2 au premier degré,
- un antécédent personnel de diabète gestationnel lors d'une précédente grossesse,
- un antécédent de macrosomie fœtale (bébé né avec un poids élevé),
- un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK).
Si l'un de ces critères s'applique à votre situation, une glycémie à jeun est généralement proposée dès le premier trimestre, afin de repérer un diabète de type 2 préexistant qui serait passé inaperçu. Si ce premier contrôle est normal, l'HGPO est ensuite programmée entre 24 et 28 semaines d'aménorrhée, c'est-à-dire précisément la période qui, selon la date de conception, tombe fréquemment autour de la rentrée de septembre.
Comprendre vos résultats et les suites du dépistage
Le diagnostic de diabète gestationnel repose sur des seuils précis, définis dans les recommandations du CNGOF. Le test est considéré positif si l'une des trois valeurs mesurées dépasse le seuil fixé : la glycémie à jeun, celle à une heure ou celle à deux heures. Il suffit qu'un seul de ces trois résultats soit anormal pour que le diagnostic soit posé, ce qui explique pourquoi les trois prélèvements sont indispensables.
Si votre résultat est positif, pas de panique : le diabète gestationnel se gère très bien dans l'immense majorité des cas grâce à une prise en charge adaptée. Vous serez orientée vers une consultation diététique et, selon les cas, une auto-surveillance glycémique quotidienne à domicile. Pour la grande majorité des femmes, des ajustements alimentaires et une activité physique régulière suffisent à maintenir des glycémies dans les objectifs, comme le détaille notre article sur le régime alimentaire adapté au diabète gestationnel. Une minorité de patientes nécessite en complément un traitement par insuline, sans que cela ne remette en cause le déroulement normal de la suite de la grossesse.
Ce diagnostic n'est en aucun cas une fatalité ni un jugement sur votre hygiène de vie : de nombreux facteurs hormonaux propres à la grossesse expliquent son apparition, y compris chez des femmes sans surpoids ni antécédents familiaux. L'essentiel est le suivi qui en découle, pensé pour protéger à la fois votre santé et celle de votre bébé jusqu'à l'accouchement.
Vos questions fréquentes concernant le test HGPO
1. Puis-je boire de l'eau pendant les deux heures d'attente du test ?
Oui, l'eau plate est autorisée pendant toute la durée du test, contrairement à la nourriture ou aux boissons sucrées. Elle n'interfère pas avec les résultats de la glycémie.
2. Que se passe-t-il si je vomis la solution sucrée ?
Si vous ne parvenez pas à garder la solution à cause de nausées, prévenez immédiatement le laboratoire : le test devra probablement être reprogrammé un autre jour, car les résultats ne seraient pas fiables.
3. Le test HGPO présente-t-il un risque pour mon bébé ?
Non, il s'agit d'une simple prise de sang répétée associée à l'absorption d'une boisson sucrée. Ce test est reconnu comme sûr pour la mère et le fœtus, y compris en cas de résultats élevés qui seront ensuite pris en charge.
4. Puis-je conduire après le test ?
Dans la mesure où vous êtes restée à jeun plusieurs heures avant d'avoir pu manger, il est préférable de prévoir une collation à emporter pour la sortie du laboratoire et d'éviter de conduire si vous ressentez une fatigue ou des vertiges.
5. Si mon test est négatif, dois-je refaire un dépistage plus tard dans la grossesse ?
En l'absence de facteur de risque supplémentaire apparu en cours de grossesse, comme une prise de poids importante ou une macrosomie repérée à l'échographie, un test négatif à 24-28 SA n'est généralement pas renouvelé systématiquement.
Conclusion
Le test HGPO, même s'il tombe souvent en pleine effervescence de rentrée, reste un rendez-vous court à bien anticiper : jeûne de la veille, prévoir de quoi s'occuper sur place et organiser sa matinée en conséquence. Ce dépistage, désormais simplifié en une seule séance depuis l'abandon de l'ancien test de O'Sullivan, permet de repérer précocement un diabète gestationnel et d'en assurer un suivi efficace tout au long de la grossesse. Poser vos questions à votre sage-femme ou votre gynécologue avant le jour J reste la meilleure façon d'aborder ce test avec sérénité.


