Le congé paternité 2026 : durée, indemnités et démarches expliqués simplement

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Le congé paternité

La naissance d'un bébé est un moment que les deux parents méritent de vivre pleinement. Et pourtant, le congé paternité reste encore mal connu, sous-utilisé ou mal anticipé. Combien de jours peut-on prendre ? Sont-ils tous obligatoires ? Combien touche-t-on pendant cette période ? Et qu'est-ce que ce nouveau congé supplémentaire de naissance dont tout le monde parle depuis début 2026 ?

 

Voici un guide complet et à jour pour que le papa — ou le second parent — sache exactement à quoi il a droit et comment en profiter pleinement.

 

La durée du congé paternité en 2026 : 25 jours, dont 4 obligatoires

Depuis le 1er juillet 2021, le congé paternité et d'accueil de l'enfant a été significativement allongé. En 2026, les règles restent les mêmes et s'organisent en deux temps bien distincts, qu'il est important de comprendre avant toute démarche.

Dans un premier temps, tout salarié père d'un enfant — ou conjoint, concubin, partenaire de PACS vivant avec la mère — bénéficie d'un congé de naissance de 3 jours, intégralement payé par l'employeur, à prendre immédiatement lors de la naissance. Ce congé est distinct du congé paternité proprement dit et ne peut pas être différé.

Le congé paternité se décompose ensuite en deux périodes :

  • Une première période obligatoire de 4 jours calendaires, prise immédiatement à la suite des 3 jours de congé de naissance. Ces 4 jours ne peuvent pas être décalés : l'employeur qui ferait travailler un salarié pendant cette période s'expose à une amende de 7 500 €.
  • Une seconde période de 21 jours calendaires (28 jours en cas de naissances multiples), qui peut être prise en continu ou fractionnée en deux fois maximum, chaque fraction devant durer au minimum 5 jours. Cette seconde période doit obligatoirement débuter dans les 6 mois suivant la naissance.

Au total, en cumulant le congé de naissance et le congé paternité, un père salarié peut donc s'absenter 28 jours calendaires (3 + 4 + 21), soit près d'un mois. Pour les naissances multiples, cette durée atteint 35 jours. L'employeur ne peut ni refuser ce congé, ni le reporter : il s'agit d'un droit absolu inscrit dans le Code du travail.

 

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Les indemnités du congé paternité : combien touche-t-on vraiment ?

Pendant le congé paternité, le contrat de travail est suspendu et le salaire n'est plus versé par l'employeur. C'est la Sécurité sociale — via la CPAM — qui prend le relais en versant des indemnités journalières. Celles-ci sont calculées exactement dans les mêmes conditions que les indemnités journalières de maternité.

Concrètement, l'indemnité journalière est calculée sur la base des salaires bruts des 3 derniers mois précédant le congé (ou des 12 derniers mois en cas d'activité saisonnière ou discontinue), plafonnés au plafond mensuel de la Sécurité sociale en vigueur, soit 4 005 € par mois en 2026. La CPAM retire ensuite un taux forfaitaire de 21 % correspondant aux cotisations sociales (CSG/CRDS). Le montant maximum de l'indemnité journalière est fixé à 104,02 € par jour au 1er janvier 2026, soit environ 79,28 € nets après déduction des 21 %.

Pour un salarié gagnant 2 500 € brut par mois, son indemnité journalière sera calculée ainsi : (2 500 × 3) ÷ 91,25 = 82,19 € de salaire journalier de base, dont on retire 21 %, soit environ 64,93 € nets par jour. Les indemnités sont versées par la CPAM tous les 14 jours, sans délai de carence. À noter : certaines conventions collectives (métallurgie, Syntec, banque…) prévoient un maintien intégral du salaire par l'employeur avec subrogation — vérifiez auprès de votre service RH avant le départ. Pour mieux comprendre comment vous organiser après la naissance, retrouvez nos conseils sur le quotidien avec bébé pour le papa.

 

Le nouveau congé supplémentaire de naissance en 2026

C'est la grande nouveauté de 2026. Créé par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025), le congé supplémentaire de naissance s'ajoute aux congés existants sans les remplacer. Il représente une avancée majeure en matière de politique familiale et d'égalité parentale.

Ce congé supplémentaire est accessible à compter du 1er juillet 2026, pour tout enfant né ou adopté à partir du 1er janvier 2026 — ou né prématurément mais dont la naissance était prévue à partir de cette date. Chaque parent peut bénéficier de 1 ou 2 mois de congé supplémentaire, à prendre après avoir épuisé ses droits au congé de paternité. Le congé peut être fractionné en deux périodes d'un mois non consécutives, et les deux parents peuvent le prendre simultanément ou en alternance.

L'indemnisation est dégressive : 70 % du salaire net le premier mois, 60 % le second mois, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale (4 005 €/mois en 2026). Pour prévenir l'employeur, un délai d'un mois est requis avant le début du congé — réduit à 15 jours si le congé supplémentaire suit directement le congé de paternité. En cumulant le congé de naissance (3 jours), le congé paternité (25 jours) et le congé supplémentaire (jusqu'à 2 mois), un père peut désormais rester auprès de son enfant pendant environ 3 mois au total. Pour vous préparer à ce beau moment, découvrez également notre article sur le rôle du papa lors de l'accouchement.

 

Vos questions fréquentes concernant le congé paternité

 

1. L'employeur peut-il refuser ou reporter le congé paternité ?
Non, l'employeur ne peut ni refuser ni reporter le congé paternité. Il s'agit d'un droit absolu du salarié, inscrit à l'article L1225-35 du Code du travail. La seule obligation du salarié est de respecter un délai de prévenance d'un mois avant la date de naissance présumée. Si un employeur tente de s'y opposer, le salarié peut saisir l'inspection du travail ou le Conseil de prud'hommes. Le salarié bénéficie par ailleurs d'une protection contre le licenciement pendant les 10 semaines suivant la naissance : aucun licenciement ne peut être préparé, notifié ou prononcé pendant cette période, sauf faute grave non liée à la paternité.

 

2. Le congé paternité est-il indemnisé à 100 % du salaire ?
Pas automatiquement. Les indemnités versées par la CPAM correspondent à votre salaire journalier de base diminué de 21 % (CSG/CRDS), dans la limite de 104,02 € par jour en 2026. Pour les hauts salaires dépassant le plafond de la Sécurité sociale (4 005 €/mois), l'indemnisation sera donc inférieure au salaire habituel. Cependant, certaines conventions collectives prévoient que l'employeur complète les indemnités journalières jusqu'à atteindre 100 % du salaire net — c'est le cas dans des secteurs comme la métallurgie, la banque ou le Syntec. Vérifiez votre convention collective ou renseignez-vous auprès de votre service des ressources humaines avant votre départ.

 

3. Quelles démarches doit-on effectuer pour bénéficier du congé paternité ?
La procédure est simple mais doit être anticipée. Vous devez informer votre employeur au moins un mois avant la date prévue de l'accouchement, de préférence par lettre recommandée avec accusé de réception ou remise en main propre, en précisant les dates envisagées. Après la naissance, transmettez à votre employeur une copie de l'acte de naissance ou du certificat d'accouchement. C'est ensuite l'employeur qui établit une attestation de salaire pour la CPAM. Si vous êtes travailleur indépendant, vous devez faire la demande directement auprès de votre caisse (CPAM ou SSI) en déclarant sur l'honneur que vous interrompez votre activité professionnelle. Les indemnités sont versées environ 2 à 4 semaines après réception du dossier complet.

 

4. Peut-on prendre le congé paternité si on est en CDD ou intérimaire ?
Oui. Le congé paternité est accessible quel que soit le type de contrat de travail : CDI, CDD, contrat temporaire, apprentissage, stage de formation professionnelle. Il n'y a pas non plus de condition d'ancienneté. La seule condition pour être indemnisé par la CPAM est d'avoir un numéro de Sécurité sociale depuis au moins 10 mois à la date du début du congé. Les demandeurs d'emploi inscrits à France Travail peuvent également bénéficier du congé paternité, mais doivent déclarer les dates prises auprès de leur conseiller pour éviter tout trop-perçu d'allocations.

 

5. Le congé paternité compte-t-il pour la retraite et l'ancienneté ?
Oui, pleinement. La durée du congé paternité est assimilée à du temps de travail effectif pour le calcul de l'ancienneté, des congés payés et des droits à la retraite. Les trimestres correspondants sont validés auprès de l'Assurance retraite. Il est conseillé de conserver précieusement les relevés d'indemnités journalières envoyés par la CPAM, car ils constituent une preuve de la période et servent à valider les trimestres de cotisation retraite. Le salarié conserve également tous les avantages acquis avant le début du congé et retrouve son poste ou un poste équivalent avec une rémunération au moins équivalente à son retour.

 

Conclusion

Le congé paternité n'est pas un avantage accessoire : c'est un droit fondamental, renforcé en 2021 et encore élargi en 2026 avec le congé supplémentaire de naissance. Au total, un père salarié peut désormais être présent auprès de son enfant pendant près de 3 mois — congé de naissance, congé paternité de 25 jours et congé supplémentaire cumulés. La clé pour en profiter pleinement est l'anticipation : informer son employeur tôt, transmettre les documents à la CPAM rapidement, et se renseigner sur les dispositions de sa convention collective. Ces semaines passées auprès de bébé sont irremplaçables, et la législation française offre désormais un cadre solide pour les vivre pleinement. Pour organiser sereinement le retour à la vie professionnelle en famille après cette période, retrouvez nos conseils pratiques sur concilier travail et vie de famille.

 

 

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