Le cancer du sein en France

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Zoom sur la poitrine d'une femme

En France, le cancer du sein reste le cancer le plus fréquent chez la femme. Selon les dernières estimations de l'Institut national du cancer (INCa), 61 214 nouveaux cas ont été diagnostiqués en 2023, soit environ 168 diagnostics chaque jour.

 

La bonne nouvelle, c'est que la mortalité recule depuis plusieurs décennies et que la grande majorité des femmes touchées guérissent, surtout lorsque la maladie est repérée tôt.

Pour les femmes enceintes et les jeunes mamans, qui se sentent souvent loin de cette question, connaître ces chiffres permet de mieux comprendre l'intérêt de la surveillance et des bons réflexes dès aujourd'hui.

 

Le cancer du sein en France : les derniers chiffres de l'INCa

Le cancer du sein représente à lui seul environ un tiers des cancers diagnostiqués chez les femmes. On estime qu'une femme sur huit sera concernée au cours de sa vie. Le nombre de nouveaux cas a presque doublé entre 1990 et 2018, passant d'environ 30 000 à plus de 58 000 diagnostics par an. Depuis 2010, la hausse s'est nettement ralentie : l'incidence progresse désormais d'environ 0,3 % par an.

L'âge reste le premier facteur de risque. L'âge moyen au diagnostic est de 64 ans et près de 80 % des cancers du sein apparaissent après 50 ans. Les femmes plus jeunes ne sont pas épargnées pour autant : une petite partie des cas concerne des femmes de moins de 40 ans, souvent à un moment de leur vie où elles construisent leur famille. C'est pourquoi les spécialistes insistent sur la connaissance de son propre corps, quel que soit l'âge.

Du côté de la mortalité, le cancer du sein a causé environ 12 750 décès en 2022 selon les estimations publiées par l'INCa. Il demeure la première cause de décès par cancer chez la femme, devant le cancer du poumon, même si ce dernier progresse de façon inquiétante chez les Françaises. À l'échelle mondiale, l'Organisation mondiale de la santé recense plus de 2,3 millions de nouveaux cas et environ 670 000 décès par an.

 

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Pourquoi le cancer du sein est-il diagnostiqué plus souvent ?

L'augmentation du nombre de diagnostics ne signifie pas uniquement que la maladie progresse. Elle s'explique d'abord par le vieillissement de la population : plus les femmes vivent longtemps, plus le risque de développer un cancer du sein augmente mécaniquement. Elle reflète aussi les progrès du dépistage, qui permettent aujourd'hui de repérer des tumeurs de très petite taille qui seraient passées inaperçues il y a trente ans.

Depuis 2004, le programme national de dépistage organisé invite toutes les femmes de 50 à 74 ans à réaliser une mammographie tous les deux ans, prise en charge à 100 % par l'Assurance maladie, avec une double lecture des clichés par deux radiologues. Avant 50 ans, et en dehors de facteurs de risque particuliers, le suivi passe surtout par l'examen clinique des seins réalisé lors de la visite chez le gynécologue ou la sage-femme, recommandé une fois par an à partir de 25 ans.

Ce dépistage reste pourtant sous-utilisé. En 2024, seulement 44 % des femmes concernées y ont participé, loin des 70 % recommandés au niveau européen, avec de fortes disparités entre régions. L'INCa estime pourtant que le dépistage organisé a permis d'éviter des milliers de décès depuis son lancement. Les modes de vie entrent aussi en ligne de compte : maternité plus tardive, consommation d'alcool, surpoids après la ménopause et sédentarité contribuent à une partie des cas.

 

Survie et mortalité : des progrès réels

Si le nombre de cas a augmenté, les chances de guérison n'ont jamais été aussi bonnes. La survie nette à cinq ans atteint 88 % pour les femmes diagnostiquées entre 2010 et 2015, contre 80 % pour celles diagnostiquées au début des années 1990. Lorsqu'un cancer du sein est détecté à un stade précoce, environ neuf cas sur dix peuvent être guéris. Le taux de mortalité, rapporté à l'âge de la population, baisse quant à lui régulièrement depuis la fin des années 1990.

Plusieurs avancées expliquent cette amélioration :

  • un diagnostic plus précoce grâce à la mammographie, à l'échographie et à l'examen clinique régulier ;
  • des chirurgies plus conservatrices, qui permettent souvent de garder le sein ;
  • des traitements ciblés selon le profil de la tumeur (hormonothérapie, thérapies anti-HER2, immunothérapie pour certains cancers triple négatifs) ;
  • une meilleure identification des femmes à risque génétique, porteuses notamment d'une mutation BRCA1 ou BRCA2 ;
  • une prise en charge pluridisciplinaire, organisée autour des réunions de concertation entre spécialistes.

Ces progrès ne doivent pas faire oublier les inégalités qui persistent. Les femmes éloignées du système de soins, en situation de précarité ou vivant dans des territoires moins bien dotés consultent plus tard, ce qui réduit leurs chances. Les cancers diagnostiqués chez les femmes jeunes sont par ailleurs plus souvent agressifs, d'où l'importance de ne jamais banaliser un changement inhabituel au niveau des seins.

 

Facteurs de risque et prévention : les bons réflexes dès aujourd'hui

Selon les données de l'INCa et du Centre international de recherche sur le cancer, environ un cancer du sein sur cinq serait lié à des facteurs évitables. Certains facteurs ne peuvent pas être modifiés, comme l'âge, les antécédents familiaux ou une prédisposition génétique. D'autres dépendent en revanche de notre quotidien. Les principaux leviers d'action sont les suivants :

  • limiter l'alcool, premier facteur évitable avec environ 8 000 cas attribuables par an : le risque augmente dès un verre par jour ;
  • maintenir un poids stable, en particulier après la ménopause ;
  • bouger régulièrement, au moins 30 minutes d'activité physique par jour ;
  • ne pas fumer et adopter une alimentation riche en fruits, légumes et fibres ;
  • allaiter si on le souhaite et si c'est possible, l'allaitement ayant un effet protecteur reconnu.

Au-delà de l'hygiène de vie, le meilleur réflexe reste l'observation de ses seins. Une boule, une rétraction du mamelon, un écoulement inhabituel, une peau qui prend l'aspect d'une peau d'orange ou un ganglion sous le bras doivent conduire à consulter rapidement. Apprendre les gestes de l'autopalpation des seins permet de mieux connaître sa poitrine et de repérer plus facilement tout changement. Les femmes ayant plusieurs cas dans leur famille, notamment chez une mère ou une sœur, peuvent demander une consultation d'oncogénétique : un suivi adapté, parfois avant 50 ans, peut alors être proposé.

Pendant la grossesse et l'allaitement, les seins changent beaucoup, ce qui peut rendre la détection plus délicate. Le cancer du sein associé à la grossesse reste rare, mais il existe. Toute masse qui persiste plus de quelques semaines doit être signalée à la sage-femme ou au médecin, sans attendre la fin de la grossesse. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter notre article sur la grossesse et le cancer du sein, qui détaille le diagnostic et les traitements possibles.

 

Vos questions fréquentes concernant le cancer du sein en France

 

1. Combien de femmes sont touchées par le cancer du sein chaque année en France ?
D'après l'INCa, 61 214 nouveaux cas ont été diagnostiqués en 2023 en France métropolitaine, ce qui en fait le cancer le plus fréquent chez la femme.

 

2. Le cancer du sein se guérit-il bien aujourd'hui ?
Oui, dans la majorité des cas. La survie nette à cinq ans est de 88 %, et environ neuf cancers sur dix détectés à un stade précoce peuvent être guéris.

 

3. À partir de quel âge faut-il faire une mammographie ?
Le dépistage organisé concerne les femmes de 50 à 74 ans, avec une mammographie tous les deux ans. En cas d'antécédents familiaux ou de risque génétique, un suivi peut débuter plus tôt sur avis médical.

 

4. Peut-on avoir un cancer du sein pendant la grossesse ?
C'est rare, mais possible. Une échographie mammaire peut être réalisée sans danger pour le bébé, et des traitements adaptés existent selon le terme de la grossesse.

 

5. L'allaitement protège-t-il du cancer du sein ?
Les études montrent que l'allaitement réduit légèrement le risque, d'autant plus que sa durée totale au cours de la vie est longue. Il ne remplace toutefois pas la surveillance régulière.

 

6. Quels signes doivent pousser à consulter ?
Une boule, une modification de la forme du sein, une rétraction du mamelon, un écoulement, une rougeur persistante ou un ganglion sous l'aisselle justifient une consultation rapide.

 

Conclusion

Avec plus de 61 000 nouveaux cas par an, le cancer du sein concerne toutes les familles de près ou de loin. Les chiffres les plus récents de l'INCa montrent pourtant une réalité encourageante : une survie qui progresse et une mortalité qui recule, grâce au dépistage et à des traitements de plus en plus précis.

Adopter quelques réflexes simples, comme l'observation régulière de ses seins, l'examen annuel chez le professionnel de santé et la participation au dépistage organisé le moment venu, reste la meilleure façon de mettre toutes les chances de son côté. N'hésitez pas à en parler autour de vous, notamment aux femmes de votre entourage âgées de 50 ans et plus.

 

 

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