Asthme chez les bébés

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Bébé souffrant d'une crise d'asthme

Votre bébé a déjà fait deux ou trois bronchiolites, il siffle à chaque rhume et le pédiatre évoque le mot « asthme » ? Ce diagnostic inquiète, mais il est fréquent et se soigne très bien.

 

L'asthme du nourrisson touche une part importante des tout-petits, et la majorité d'entre eux voient leurs symptômes s'atténuer, voire disparaître, en grandissant. Voici comment le reconnaître, quels traitements sont proposés et comment s'organise le suivi.

 

Asthme du nourrisson après des bronchiolites répétées : comment le reconnaître

En France, les pédiatres retiennent une définition simple : on parle d'asthme du nourrisson lorsqu'un enfant de moins de 3 ans a présenté au moins trois épisodes de sifflements respiratoires (on parle aussi de « sibilants »), quel que soit l'âge auquel ils ont commencé, qu'il existe ou non une allergie, et quelle que soit la cause qui semble les déclencher. Cette définition est issue des recommandations des pneumo-pédiatres français.

Le premier épisode est très souvent une bronchiolite, provoquée dans la plupart des cas par le virus respiratoire syncytial (VRS). Une bronchiolite isolée n'est pas de l'asthme. En revanche, lorsque les épisodes se répètent à chaque infection virale, c'est le signe que les bronches de l'enfant réagissent de manière excessive : on parle d'hyperréactivité bronchique. Les petites bronches se contractent, la muqueuse s'enflamme et produit du mucus, ce qui gêne le passage de l'air.

Entre deux épisodes, le bébé va souvent très bien, ce qui peut troubler les parents. Certains signes doivent pourtant attirer l'attention en dehors des infections : une toux sèche la nuit ou au petit matin, une toux après avoir ri, pleuré ou couru, un sifflement à l'effort ou une respiration un peu rapide. Ces symptômes « de fond » sont importants à signaler au médecin, car ils orientent vers un traitement quotidien.

 

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Pourquoi certains bébés deviennent asthmatiques

Tous les enfants qui font des bronchiolites ne deviennent pas asthmatiques. Avant 3 ans, ce sont surtout les virus qui déclenchent les crises, et non les allergies. Le petit diamètre des bronches du nourrisson explique en partie pourquoi la moindre inflammation se traduit par des sifflements. Plusieurs facteurs augmentent toutefois le risque que les épisodes se répètent et que l'asthme persiste au-delà de la petite enfance :

  • Les antécédents familiaux : un parent asthmatique ou allergique augmente nettement le risque, encore plus lorsque les deux parents sont concernés.
  • Un terrain atopique chez l'enfant : la dermatite atopique (eczéma) précoce, une allergie alimentaire ou une sensibilisation aux acariens sont associées à un asthme plus durable.
  • Le tabagisme passif, pendant la grossesse comme après la naissance : c'est l'un des facteurs les plus nocifs et les plus évitables.
  • La pollution intérieure et extérieure : chauffage au bois mal réglé, moisissures, produits ménagers irritants, désodorisants, trafic routier.
  • La vie en collectivité : la crèche multiplie les infections virales, donc les occasions de crise, surtout pendant l'hiver.
  • La prématurité et une bronchiolite sévère ayant nécessité une hospitalisation.

À l'inverse, l'allaitement maternel semble avoir un effet protecteur modeste sur les sifflements des premières années. Concernant la diversification alimentaire, les recommandations ont évolué : il n'est plus conseillé de retarder l'introduction des aliments allergènes (œuf, arachide, poisson…), même en cas d'antécédents familiaux. On les propose entre 4 et 6 mois, en accord avec le pédiatre, car une introduction précoce et régulière favorise la tolérance.

 

Crise d'asthme chez bébé : les signes et les gestes

Pendant une crise, la respiration devient sifflante et rapide, l'enfant tousse, s'agite ou au contraire devient moins tonique. Chez le nourrisson, il faut surtout observer les signes de lutte respiratoire : le creux sous les côtes ou au-dessus du sternum qui se creuse à chaque inspiration, les ailes du nez qui battent, la tête qui dodeline.

Si votre enfant a déjà un traitement de crise prescrit, administrez-le en suivant le plan d'action remis par le médecin, puis réévaluez sa respiration. Installez-le en position semi-assise, restez calme et parlez-lui doucement : votre sérénité l'aide à mieux respirer. Certaines situations imposent en revanche d'appeler le 15 sans attendre :

  • bébé a du mal à respirer malgré le traitement de crise, ou l'amélioration ne dure pas ;
  • il n'arrive plus à boire son biberon ou à téter, ou boit moins de la moitié de ses quantités ;
  • ses lèvres ou le pourtour de sa bouche deviennent bleutés, son teint est gris ou pâle ;
  • il est anormalement somnolent, difficile à réveiller ou très agité ;
  • il fait des pauses respiratoires ou respire très vite de façon continue ;
  • il a moins de 3 mois, ou il s'agit d'un premier épisode important.

Ne donnez jamais de sirop contre la toux à un bébé qui siffle : ils sont contre-indiqués chez le nourrisson et ne traitent pas la cause.

 

Traitements de l'asthme du nourrisson et suivi médical

La prise en charge repose sur deux types de médicaments, administrés par voie inhalée. Le traitement de crise est un bronchodilatateur de courte durée d'action, le salbutamol, qui relâche les muscles des bronches en quelques minutes. Le traitement de fond, prescrit lorsque les crises sont fréquentes ou que des symptômes persistent entre elles, est un corticoïde inhalé (fluticasone, budésonide, béclométasone) qui réduit l'inflammation des bronches jour après jour. Il ne soulage pas une crise en cours, mais diminue leur nombre et leur intensité.

Chez le tout-petit, ces médicaments se donnent avec un spray et une chambre d'inhalation munie d'un masque adapté à la taille du visage. Le masque doit bien couvrir le nez et la bouche, et l'enfant doit respirer calmement plusieurs fois dans la chambre après chaque bouffée. Demandez au pharmacien de vous montrer le geste : une mauvaise technique est une cause fréquente d'échec. Les nébulisations sont réservées aux crises sévères, le plus souvent à l'hôpital.

Le traitement de fond se prend tous les jours, même quand bébé va bien, généralement pendant au moins trois mois, puis il est réévalué. Beaucoup de parents hésitent à cause de la cortisone. Aux doses utilisées par inhalation, le médicament agit directement dans les bronches et passe très peu dans le sang : il est bien toléré et peut être poursuivi sur de longues périodes sous surveillance médicale.

Le suivi est la clé d'un asthme bien contrôlé. Une consultation est en général programmée un à trois mois après le début du traitement de fond, puis à intervalles réguliers. Le médecin vérifie le nombre de crises, les réveils nocturnes, le recours au salbutamol et la tolérance à l'effort. Il remet un plan d'action écrit qui indique quoi faire et quand consulter. Pour la crèche ou l'assistante maternelle, un projet d'accueil individualisé (PAI) permet d'organiser la prise du traitement de crise. En cas d'asthme sévère ou persistant malgré le traitement, l'enfant est orienté vers un pneumo-pédiatre.

À la maison, réduire les irritants reste indispensable : aérer chaque pièce au moins dix minutes par jour, maintenir la chambre autour de 19 °C, bannir totalement le tabac, y compris sur les vêtements, et limiter les acariens, qui prolifèrent dès le rallumage du chauffage. La vaccination contre la grippe dès 6 mois et la protection contre le VRS sont aussi des alliées précieuses, puisque ce sont les virus qui déclenchent la plupart des crises.

 

Vos questions fréquentes concernant l'asthme du nourrisson

 

1. Mon bébé restera-t-il asthmatique toute sa vie ?
Pas nécessairement. Une grande partie des nourrissons qui sifflent lors des infections virales voient leurs symptômes disparaître vers 3 à 6 ans, quand les bronches grandissent. Le risque de persistance est plus élevé en cas d'allergie, d'eczéma ou d'asthme chez les parents.

2. Les corticoïdes inhalés freinent-ils la croissance ?
Aux doses habituelles, l'effet sur la croissance est très faible, de l'ordre de quelques millimètres, et il est largement compensé par le bénéfice d'un asthme contrôlé. Le pédiatre recherche toujours la dose minimale efficace et surveille la courbe de croissance.

3. Peut-on arrêter le traitement de fond quand bébé va mieux ?
Non, pas seul. L'amélioration montre justement que le traitement fonctionne. Son arrêt ou sa diminution se décide avec le médecin, de préférence en dehors de la saison des virus.

4. La kinésithérapie respiratoire est-elle utile ?
Elle n'est plus recommandée de façon systématique dans la bronchiolite. Elle peut être proposée au cas par cas, notamment en cas d'encombrement important, mais elle ne remplace pas le traitement inhalé.

5. Mon bébé asthmatique peut-il aller à la crèche ?
Oui. Il suffit d'informer l'équipe, de mettre en place un PAI et de fournir le traitement de crise avec sa chambre d'inhalation. La vie en collectivité expose aux virus, mais un asthme bien traité permet une vie tout à fait normale.

 

Un asthme bien suivi pour une enfance active

Des bronchiolites qui se répètent ne doivent pas être banalisées : au-delà de trois épisodes de sifflements, il est utile d'en parler au pédiatre pour poser le diagnostic et proposer un traitement adapté. Un traitement de fond bien pris, une bonne technique d'inhalation et un environnement sans tabac suffisent dans la grande majorité des cas à espacer les crises. Avec un plan d'action clair et des consultations régulières, votre enfant peut jouer, dormir et grandir comme les autres.

 

 

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