Demain, dimanche 1er novembre 2026, c'est la Toussaint. Pour beaucoup d'enfants, ce lendemain d'Halloween ressemble à une énigme : pourquoi les magasins sont-ils fermés, pourquoi va-t-on au cimetière avec des chrysanthèmes, et quelle est la différence avec la soirée de déguisements qu'ils viennent de vivre ?
Les questions arrivent vite, souvent au moment où on s'y attend le moins. Voici de quoi y répondre simplement, avec quelques repères d'histoire et des mots adaptés à chaque âge.
Pourquoi le 1er novembre est un jour férié
En France, le 1er novembre est un jour férié depuis le début du XIXe siècle. Il fait partie des onze jours fériés légaux inscrits dans le Code du travail, et son origine remonte à 1802, quand le Concordat signé entre Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII a rétabli les fêtes religieuses supprimées après la Révolution. Depuis, la Toussaint est restée au calendrier, bien que la société soit devenue laïque : c'est un jour de repos pour la quasi-totalité des salariés, et il se prête naturellement à une pause en famille.
Cette année, la date tombe un dimanche. Aucun jour de congé supplémentaire en perspective, donc, et la reprise de l'école est fixée au lundi 2 novembre, à la fin des vacances de la Toussaint. Pour organiser ce retour, notre article sur les dates et l'organisation des vacances de la Toussaint rappelle les repères utiles pour les parents qui travaillent.
Pour les familles croyantes, la journée peut aussi comprendre une messe, un temps de prière ou une visite à des proches. Pour d'autres, c'est simplement l'occasion de se retrouver autour d'un déjeuner dominical.
Ces différences sont une bonne occasion d'expliquer à l'enfant que chaque famille a sa manière de se souvenir, et que toutes se valent. Si des grands-parents sont présents, laissez-les raconter des histoires sur ceux qui ne sont plus là : ces souvenirs partagés, un surnom, une recette, une chanson, aident l'enfant à comprendre que l'on peut continuer à aimer une personne absente.

D'où vient cette fête ?
Le mot « Toussaint » signifie simplement « tous les saints ». Dans la tradition chrétienne, catholiques et orthodoxes célèbrent ce jour-là l'ensemble des saints, connus ou inconnus, y compris ceux qui n'ont jamais été officiellement reconnus. Les protestants, qui ne pratiquent pas le culte des saints, ne la célèbrent pas.
L'histoire de cette date est ancienne. Dès le IVe siècle, les chrétiens d'Orient honoraient les martyrs. En 609, le pape Boniface IV a consacré le Panthéon de Rome aux martyrs, et la fête a longtemps été fixée au 13 mai. Au VIIIe siècle, le pape Grégoire III a dédié une chapelle de la basilique Saint-Pierre à tous les saints, et la fête a commencé à se rapprocher du 1er novembre.
Enfin, en 835, le pape Grégoire IV, avec l'empereur Louis le Pieux, a fixé cette date pour toute la chrétienté. Ce choix a aussi permis d'intégrer des coutumes plus anciennes, liées à la fête celtique de Samain, qui marquait la fin de l'été et le début de la saison sombre.
Toussaint, jour des morts, Halloween : ne pas tout mélanger
Les trois dates se suivent et se confondent facilement, y compris chez les adultes. Un petit repère peut aider à s'y retrouver :
- Halloween, le 31 octobre : une fête populaire et ludique, issue de la veille de la Toussaint (« All Hallows' Eve »), avec déguisements, citrouilles et bonbons. Notre article sur l'origine d'Halloween explique d'où viennent ces traditions.
- La Toussaint, le 1er novembre : un moment de recueillement pour honorer les saints, qui est aussi, dans les usages, le jour où l'on fleurit les tombes des proches disparus.
- Le jour des défunts, le 2 novembre : la commémoration, dans la tradition catholique, de tous les morts, qu'ils soient saints ou non. En pratique, beaucoup de familles regroupent les deux dates et vont au cimetière le 1er.
Le geste le plus visible de la Toussaint reste d'ailleurs le chrysanthème. Cette fleur décore les tombes depuis le XIXe siècle et symbolise le souvenir. On estime qu'environ 25 millions de pots sont vendus en France chaque année à cette période. Si votre enfant vous demande pourquoi on achète des fleurs « pour les gens qui ne sont plus là », vous pouvez lui répondre que c'est une manière de leur dire qu'on pense à eux.
Comment l'expliquer aux enfants selon leur âge
La difficulté, avec la Toussaint, n'est pas l'histoire de la fête : c'est la question de la mort, qui surgit presque toujours à cette occasion. Les enfants posent des questions directes, et mieux vaut y répondre avec des mots vrais, courts et rassurants.
Avant 4 ans, restez très concret : « Les personnes dont on se souvient ne sont plus avec nous, mais on garde leurs photos et on pense à elles. » À cet âge, la notion de définitif est encore floue ; un enfant peut demander plusieurs fois quand mamie reviendra, et cela ne signifie pas qu'il n'a pas compris. Entre 5 et 7 ans, les enfants s'intéressent aux causes et aux détails : répondez simplement, sans entrer dans des descriptions qui feraient peur, et sans employer d'expressions comme « elle s'est endormie », qui peuvent perturber leur sommeil. Après 8 ans, la discussion peut devenir plus large, avec des questions sur la religion, l'histoire de la famille et les traditions. Notre article sur la façon de parler de la mort à un enfant propose des phrases types pour chaque tranche d'âge.
Si vous ne croyez pas, ou si vous ne partagez pas la même religion que vos proches, vous pouvez expliquer que « certaines personnes prient ce jour-là, d'autres vont simplement se recueillir ». Dites ce que vous ressentez vous-même. Et si votre enfant ne veut pas venir au cimetière, rien ne l'y oblige : il peut déposer un dessin ou allumer une bougie à la maison, ce qui est tout aussi légitime.
Pensez enfin aux petits qui vivent un deuil récent. Pour eux, cette période peut raviver du chagrin : un enfant qui devient irritable, qui dort mal ou qui se replie sur lui-même a besoin qu'on l'écoute, sans minimiser ni dramatiser. Laissez-le pleurer, dessiner ou jouer, et dites-lui que tous ces sentiments sont normaux. Si la tristesse s'installe durablement, n'hésitez pas à en parler à votre médecin ou à un psychologue de l'enfant.
Vos questions fréquentes concernant la Toussaint
1. Pourquoi la Toussaint est-elle toujours le 1er novembre ?
Cette date a été fixée pour toute la chrétienté en 835 par le pape Grégoire IV, avec l'empereur Louis le Pieux.
2. La Toussaint est-elle un jour férié obligatoire pour tous ?
C'est l'un des onze jours fériés légaux, mais certaines professions (santé, commerces d'alimentation, transports) travaillent. Les règles dépendent de la convention collective.
3. Quelle différence avec le jour des morts ?
Le 1er novembre honore les saints, le 2 novembre commémore tous les défunts. En pratique, les familles visitent le cimetière le 1er.
4. Faut-il emmener son enfant au cimetière ?
Pas obligatoirement. S'il le souhaite, préparez-le à ce qu'il va voir. Sinon, un geste à la maison (photo, bougie, dessin) peut le remplacer.
5. Pourquoi offre-t-on des chrysanthèmes ?
Cette tradition française remonte au XIXe siècle : la fleur, qui résiste au froid, symbolise le souvenir.
Conclusion
La Toussaint n'est pas une fête triste pour les enfants si on la présente comme un jour pour se souvenir de ceux qu'on aime. Répondez avec vos propres mots, ne cherchez pas à tout expliquer d'un coup, et acceptez que les questions reviennent plusieurs fois. Dimanche, une promenade, quelques fleurs ou une photo suffisent à transmettre l'essentiel.


