Chaque 15 octobre, à 19 heures, des bougies s'allument aux fenêtres, sur les tables et dans les maternités. C'est la « vague de lumière », un geste simple pour penser aux bébés partis trop tôt, pendant la grossesse, à la naissance ou juste après.
Ce soir-là, des milliers de familles disent à leur manière : « votre bébé a existé, il compte ». Voici d'où vient ce rituel, comment y participer, et comment le vivre si vous êtes concerné de près ou si vous voulez soutenir un proche.
La « vague de lumière » : d'où vient ce rituel ?
Le 15 octobre est la journée internationale de sensibilisation au deuil périnatal. Cette date a d'abord été portée par des associations de parents, notamment dans le monde anglo-saxon, avant d'être reprise dans de nombreux pays, dont la France. L'idée est de faire passer symboliquement une onde de lumière autour du globe : chacun allume une bougie à 19 heures, heure locale, et la laisse brûler au moins une heure. Comme les fuseaux horaires se succèdent, les flammes s'allument les unes après les autres, d'un pays à l'autre, pendant vingt-quatre heures.
Ce rituel répond à un besoin réel. Pendant longtemps, la perte d'un bébé a été vécue en silence. Pas de faire-part, pas de cérémonie, parfois pas de prénom. La bougie offre un repère visible et partagé : elle dit que ce deuil existe, quelle que soit la durée de la grossesse. Pour comprendre le contexte pratique de cette journée et les droits des parents, notre article sur comment gérer une fausse couche apporte un premier éclairage.

Comment participer, chez soi ou en groupe ?
Il n'y a pas de règle, et c'est tant mieux. Voici quelques façons de vivre ce moment, à choisir selon votre envie :
- Allumer une bougie à la maison, seul(e), en couple ou en famille, à 19 heures, et la laisser brûler une heure.
- Poser la bougie à la fenêtre ou sur le rebord, pour que la lumière se voie de la rue.
- Prononcer le prénom de l'enfant s'il en a un, ou écrire quelques mots dans un carnet.
- Participer à un rassemblement : certaines maternités, mairies ou associations organisent une veillée, une marche ou une cérémonie. Renseignez-vous auprès de la maternité qui vous a suivie ou des associations de votre région.
- Partager une photo de la bougie sur les réseaux sociaux avec un message, si vous en avez envie. Ce n'est jamais obligatoire.
Si vous êtes parent endeuillé, vous pouvez aussi choisir de ne rien faire de visible ce soir-là, ou de vivre cette journée avec beaucoup d'émotion. Toutes les réactions sont légitimes. Certains parents ressentent un soulagement en voyant leur deuil reconnu, d'autres une tristesse plus forte que d'habitude. Vous pouvez aussi vous ménager : couper les réseaux sociaux, vous entourer de personnes de confiance, prévoir un moment calme.
Pour qui allume-t-on une bougie ?
Le deuil périnatal recouvre des situations très différentes : fausse couche, y compris précoce, interruption médicale de grossesse, mort fœtale in utero, décès à la naissance ou dans les premiers jours. Chacun de ces parcours a sa douleur, et il n'existe pas de hiérarchie entre elles. Une fausse couche à six semaines peut bouleverser autant qu'une perte plus tardive, parce que le projet d'enfant était déjà là.
La bougie est aussi pour les pères et les autres parents, souvent oubliés, qui doivent à la fois soutenir leur partenaire et traverser leur propre chagrin. Et pour les grands-parents, les frères et sœurs, qui perdent eux aussi quelqu'un. Les enfants peuvent d'ailleurs participer : allumer la bougie avec eux est une bonne occasion de leur parler simplement de ce qui s'est passé. Notre article sur comment parler de la mort à un enfant donne des repères adaptés à chaque âge.
Soutenir un proche en deuil : les bons réflexes
Si une personne de votre entourage a perdu un bébé, le 15 octobre est un bon prétexte pour lui écrire. Un simple message suffit : « Je pense à vous, à votre bébé ». Quelques repères aident à trouver les mots :
- Nommer l'enfant s'il a un prénom, plutôt que de parler de « ce qui est arrivé ».
- Éviter les phrases qui minimisent : « tu en auras d'autres », « c'est mieux ainsi », « ça arrive à beaucoup de monde ».
- Proposer une aide concrète : un repas, la garde de l'aîné, une course, plutôt qu'un « si tu as besoin ».
- Accepter le silence : écouter vaut souvent mieux que conseiller.
- Revenir régulièrement, y compris des semaines ou des mois plus tard, quand l'entourage a cessé d'appeler.
Le deuil périnatal laisse aussi des traces physiques et psychologiques. Pour comprendre ce que traverse le corps, notre article sur les conséquences d'une fausse couche peut être utile, tant pour la personne concernée que pour son entourage.
Et après ? Une nouvelle grossesse, de nouvelles peurs
Certains parents envisagent un nouveau projet de bébé, d'autres non, ou pas tout de suite. Une grossesse qui suit une perte s'accompagne souvent d'angoisse : peur que cela recommence, difficulté à s'attacher, impression de ne pas avoir le droit d'être heureux. Ces sentiments sont fréquents et se partagent avec la sage-femme, le médecin ou un psychologue. Notre article sur les bébés arc-en-ciel aborde cette période délicate.
Où trouver de l'aide ?
Vous n'avez pas à traverser cette épreuve seul(e). Les interlocuteurs possibles sont l'équipe de la maternité (sage-femme, psychologue, assistante sociale), le médecin traitant, un psychologue, ainsi que des associations spécialisées dans le deuil périnatal, qui proposent écoute, groupes de parole et informations pratiques.
Beaucoup d'entre elles organisent justement des rendez-vous autour du 15 octobre. Si votre détresse devient trop lourde, parlez-en rapidement à un professionnel de santé.
Vos questions fréquentes concernant la vague de lumière
1. À quelle heure allumer la bougie ?
À 19 heures, heure locale, le 15 octobre, et idéalement la laisser brûler pendant une heure.
2. Faut-il avoir perdu un bébé pour participer ?
Non. Tout le monde peut allumer une bougie en soutien aux familles endeuillées.
3. Peut-on participer après une fausse couche précoce ?
Oui. Votre deuil est légitime, quelle que soit la durée de la grossesse.
4. Comment associer un enfant plus grand ?
Avec des mots simples et honnêtes, en le laissant allumer la bougie ou faire un dessin. Il n'a pas à porter la tristesse des adultes, mais il peut la comprendre.
5. Que dire à un proche qui a perdu son bébé ?
Dites simplement que vous pensez à lui et à son enfant, et proposez une aide concrète plutôt que des conseils.
Conclusion
La « vague de lumière » du 15 octobre est un geste modeste et puissant : une bougie, à 19 heures, pour dire que ces bébés ont existé. Que vous la viviez seul(e), en famille ou lors d'un rassemblement, il n'y a pas de bonne façon de participer. Et si vous connaissez des parents endeuillés, un message sincère ce jour-là peut compter plus qu'on ne l'imagine.


