Jeudi 8 octobre 2026, les professionnels de la petite enfance sont appelés à la grève partout en France. Auxiliaires de puériculture, éducatrices de jeunes enfants, assistantes maternelles, salariées de micro-crèches : tous les modes d'accueil sont concernés. Pour les parents, une question se pose : ma crèche sera-t-elle ouverte jeudi ? Voici ce que l'on sait de la mobilisation, ce qui est demandé, et comment vous organiser si votre enfant ne peut pas être accueilli.
Grève du 8 octobre : qui appelle à se mobiliser ?
L'appel est porté par le collectif « Pas de bébés à la consigne », qui réunit des syndicats, des professionnels et des associations de parents, et par le SNPPE (Syndicat national des professionnel·le·s de la petite enfance). Il s'adresse à l'ensemble du secteur : crèches municipales, associatives et privées, micro-crèches, assistantes maternelles et gardes à domicile employées par des particuliers.
Des rassemblements sont prévus dans de nombreuses villes, dont Paris, Marseille, Lyon, Toulouse et Nantes. Le collectif invite aussi les parents à rejoindre les cortèges, à quelques mois de l'élection présidentielle, pour peser sur le débat public.

Ce que réclament les professionnels de la petite enfance
Les revendications tournent autour de trois axes : plus de personnel, de meilleurs salaires et de meilleures conditions d'accueil pour les tout-petits. Concrètement, le collectif demande :
- un meilleur taux d'encadrement, avec l'objectif d'un adulte pour quatre bébés d'ici 2030 ;
- des professionnels mieux formés et des équipes au complet ;
- de vraies revalorisations salariales, condition pour rendre ces métiers attractifs ;
- une meilleure reconnaissance de l'accueil individuel (assistantes maternelles) ;
- un accueil plus accessible financièrement pour toutes les familles.
Le secteur manque de bras depuis plusieurs années. Le nombre d'assistantes maternelles recule chaque année, alors qu'elles assurent la majorité des places d'accueil en France. Le 21 septembre, le gouvernement a annoncé un plan d'urgence de 90 millions d'euros sur deux ans pour soutenir les crèches et l'accueil individuel. Une annonce jugée insuffisante par les organisateurs, qui maintiennent leur appel.
Ma crèche sera-t-elle ouverte jeudi ?
Il n'existe pas de réponse nationale : tout dépend du nombre de grévistes dans votre établissement. Selon les cas, la crèche peut fonctionner normalement, accueillir moins d'enfants, réduire ses horaires ou fermer pour la journée.
Contrairement à l'école, il n'existe pas de service minimum d'accueil obligatoire en crèche. Le service minimum mis en place par les communes concerne uniquement les écoles maternelles et élémentaires.
Dans les crèches municipales, les communes peuvent demander aux agents de déclarer leur intention de faire grève au moins 48 heures à l'avance. La mairie peut donc informer les familles en début de semaine. Dans les crèches associatives et privées, les salariés n'ont pas toujours à prévenir, et l'information peut arriver plus tard.
Le bon réflexe : interrogez dès maintenant la direction de votre crèche, consultez le site ou l'application de votre mairie et surveillez vos messages mardi et mercredi.
Et si vous faites garder votre enfant par une assistante maternelle ?
Les assistantes maternelles et les gardes à domicile employées par des particuliers peuvent, elles aussi, faire grève. Votre salariée n'est pas obligée de vous prévenir longtemps à l'avance, mais un échange franc reste le plus simple pour vous organiser. Une journée de grève n'est pas rémunérée : vous la déduisez du salaire du mois, en la déclarant correctement sur Pajemploi. Pour réviser les bases de cette relation employeur-salariée, relisez notre guide pour choisir une assistante maternelle.
Crèche fermée : les solutions pour faire garder bébé jeudi
Aucun congé spécifique n'est prévu pour les parents en cas de grève à la crèche. Il faut donc anticiper :
- Demandez un jour de télétravail, ou posez un jour de congé ou de RTT dès que possible.
- Sollicitez votre entourage : grands-parents, voisins, amis disponibles.
- Organisez un relais entre parents de la même section : une famille garde deux ou trois enfants le matin, une autre l'après-midi.
- Réservez un baby-sitter de confiance, idéalement déjà connu de votre enfant.
- Partagez la journée avec votre conjoint : chacun prend une demi-journée.
Notre article sur le plan B à préparer en cas de grève détaille comment monter un réseau de garde de secours, utile bien au-delà de ce jeudi.
Serez-vous facturé si la crèche ferme ?
Dans les crèches financées par la CAF, la facture est calculée selon un barème national et le règlement de fonctionnement prévoit en général des déductions en cas de fermeture de l'établissement. Vérifiez votre règlement et, si la crèche ferme, demandez que la journée soit déduite. Pour comprendre comment votre facture est calculée, consultez notre article sur le tarif crèche et la formule CAF. En micro-crèche, tout dépend de votre contrat : relisez-le et posez la question à la direction.
Vos questions fréquentes concernant la grève des crèches du 8 octobre
1. Quand saurai-je si la crèche de mon enfant est ouverte ?
En général, dans les deux jours qui précèdent la grève, surtout en crèche municipale. N'hésitez pas à appeler la direction dès lundi ou mardi.
2. Y a-t-il un service minimum en crèche ?
Non. Le service minimum d'accueil ne s'applique qu'aux écoles. Une crèche peut fermer si elle n'a pas assez de personnel pour accueillir les enfants en sécurité.
3. Puis-je poser un congé enfant malade pour garder mon enfant ?
Non, ce congé est réservé à la maladie ou à l'accident de l'enfant. Vous devez passer par un jour de congé, de RTT, du télétravail ou un accord avec votre employeur.
4. Dois-je payer mon assistante maternelle si elle fait grève ?
Non, la journée de grève n'est pas rémunérée. Vous la déduisez du salaire mensuel.
5. Les parents peuvent-ils participer à la mobilisation ?
Oui. Le collectif « Pas de bébés à la consigne » invite les familles à rejoindre les rassemblements organisés dans leur ville.
Conclusion
La grève du jeudi 8 octobre peut perturber fortement l'accueil des tout-petits, sans service minimum pour les familles. Le meilleur moyen d'éviter la panique : se renseigner dès maintenant auprès de sa crèche ou de son assistante maternelle et prévoir une solution de secours. Derrière cette journée, c'est la qualité d'accueil de nos enfants qui est en jeu, un sujet qui concerne tous les parents.


