Congé supplémentaire de naissance : pourquoi l'argent tarde et ce qui change au 1er octobre

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Congé supplémentaire de naissance

Lancé le 1er juillet 2026, le congé supplémentaire de naissance devait offrir aux jeunes parents un ou deux mois de plus auprès de leur bébé, avec une indemnisation correcte. Trois mois plus tard, le bilan est contrasté : le dispositif séduit, mais de nombreuses familles attendent encore leurs premiers versements.

 

En cause, un circuit déclaratif entre employeurs et caisses d'Assurance Maladie qui a eu du mal à démarrer.

Bonne nouvelle, le 1er octobre 2026 marque une étape importante avec l'intégration du congé dans la déclaration sociale nominative (DSN). On fait le point sur ce qui coince, ce qui change et les bons réflexes pour être payée à temps.

 

Congé supplémentaire de naissance : ce que prévoit vraiment le dispositif

Créé par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, ce nouveau congé ne remplace ni le congé maternité, ni le congé paternité, ni le congé d'adoption : il vient s'ajouter à eux. Chaque parent peut en bénéficier, de façon simultanée ou en alternance, ce qui permet de prolonger la présence à la maison bien au-delà des premières semaines. Il concerne les parents d'enfants nés ou adoptés depuis le 1er janvier 2026, y compris les bébés prématurés dont la naissance était prévue après cette date.

Voici les grandes règles à connaître, telles que présentées par ameli.fr et la CAF :

  • Durée : un ou deux mois au choix, en une seule fois ou fractionnés en deux périodes d'un mois, calculées de date à date.
  • Indemnisation des salariés : 70 % du salaire net le premier mois (plafonné à 72,81 € par jour), puis 60 % le second mois (plafonné à 62,41 € par jour).
  • Conditions : au moins six mois d'affiliation à la Sécurité sociale, avoir pris l'intégralité de son congé maternité, paternité ou d'adoption, et cesser toute activité pendant le congé.
  • Délai pour le poser : dans les neuf mois qui suivent la naissance ou l'arrivée de l'enfant. Pour les bébés nés entre janvier et juin 2026, ce délai court à partir du 1er juillet, soit jusqu'au 31 mars 2027.
  • Prévenance : informer son employeur un mois avant le début du congé, délai ramené à 15 jours si le congé suit directement le congé paternité ou d'adoption.

Le dispositif est ouvert aux salariés, aux travailleurs indépendants et aux demandeurs d'emploi, avec des modalités propres à chaque statut. Pour les pères, il s'articule directement avec le congé paternité et d'accueil de l'enfant, qui doit être entièrement pris avant de pouvoir enchaîner.

 

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Trois mois après le lancement : pourquoi tant d'indemnités arrivent en retard

Sur le forum des assurés d'ameli comme dans la presse, les témoignages se multiplient depuis l'été : des parents partis en congé en juillet ou en août n'avaient toujours rien perçu plusieurs semaines après. Premier malentendu, et il est de taille : l'indemnité est versée à terme échu, c'est-à-dire une fois le mois de congé entièrement écoulé. Un parent qui démarre le 15 juillet ne peut donc pas espérer de versement avant la mi-août, au mieux. Beaucoup de familles l'ont découvert en voyant leur compte bancaire fondre.

Le second point de friction concerne le rôle de l'employeur. Pour les salariés, ce n'est pas le parent qui fait la demande d'indemnisation : c'est l'entreprise qui signale le congé et transmet les éléments de salaire à la caisse primaire. Or, entre juillet et septembre, cette transmission passait par un formulaire transitoire sur net-entreprises, distinct des outils de paie habituels. Quand cette étape n'est pas faite, la CPAM ne dispose d'aucune information et ne peut tout simplement pas calculer l'indemnité.

D'autres blocages ont été relevés : dates de congé mal saisies, anomalies sur les bulletins de salaire, erreur sur l'état civil de l'enfant, ou encore cumul non autorisé avec une autre prestation. Le congé supplémentaire de naissance n'est en effet pas cumulable avec les indemnités chômage, les indemnités journalières maladie ou certaines aides de la CAF versées pour la même période.

 

Au 1er octobre 2026, la DSN prend le relais du formulaire

C'est le principal changement de la rentrée. À compter du 1er octobre 2026, le congé supplémentaire de naissance est intégré à la déclaration sociale nominative, l'outil que les entreprises utilisent déjà chaque mois pour transmettre les données de paie. Concrètement, le signalement de l'arrêt et l'attestation de salaire suivent désormais le même circuit que pour un congé maternité ou paternité, sans démarche parallèle à ne pas oublier.

Pour les parents, cette bascule devrait se traduire par moins d'erreurs de saisie et un traitement plus rapide des dossiers, puisque les informations arrivent directement depuis le logiciel de paie. Elle doit aussi permettre de régulariser les situations restées en suspens depuis l'été. Si votre congé a débuté avant octobre et que rien n'a été versé, il est utile de demander à votre service RH si le dossier a bien été transmis, ou s'il doit être repris dans le nouveau circuit. Les premières semaines de transition pouvant connaître quelques ratés, surveillez votre compte ameli.

 

Vos démarches pour être payée sans mauvaise surprise

La meilleure parade contre les retards reste l'anticipation. Quelques réflexes simples permettent de sécuriser son dossier, avant et pendant le congé :

  • Prévenez votre employeur par lettre recommandée avec accusé de réception (ou remise en main propre contre décharge), en précisant les dates exactes et la durée choisie.
  • Demandez à votre service RH une confirmation écrite que le congé a bien été déclaré à l'Assurance Maladie.
  • Vérifiez sur votre compte ameli que la période de congé apparaît et que vos coordonnées bancaires sont à jour.
  • Prévoyez un budget tampon d'au moins un mois, puisque le premier versement n'intervient qu'après la fin de la première période.
  • Signalez à la CAF votre changement de situation si vous percevez une prestation incompatible sur la même période.

Si l'argent n'arrive toujours pas, commencez par contacter votre caisse via la messagerie de votre compte ameli, en gardant une trace de chaque échange. En cas de blocage persistant, une réclamation écrite puis la saisine du médiateur de l'Assurance Maladie sont possibles. Lorsque le retard vient d'un défaut de déclaration de l'employeur, une mise en demeure par courrier recommandé est souvent suffisante. Dans les cas les plus sérieux, les salariés peuvent réclamer des dommages et intérêts devant le conseil de prud'hommes. Pour bâtir votre budget de l'automne, pensez aussi à caler vos dépenses sur le calendrier de versement de la prime de naissance.

Enfin, réfléchissez à l'enchaînement avec la suite. Une fois le congé supplémentaire terminé, il reste possible de prendre un congé parental d'éducation et de percevoir la PreParE, qui reprend alors son cours. Pour comparer les options et bien articuler les deux dispositifs, notre dossier sur la réforme 2026 du congé parental détaille les règles en vigueur.

 

Vos questions fréquentes concernant le congé supplémentaire de naissance

 

1. Mon bébé est né en février 2026, puis-je encore prendre ce congé ?
Oui. Pour les enfants nés entre le 1er janvier et le 30 juin 2026, le délai de neuf mois court à partir du 1er juillet 2026. Vous avez donc jusqu'au 31 mars 2027 pour commencer votre congé.

 

2. Combien vais-je toucher concrètement ?
Vous percevez 70 % de votre salaire net le premier mois, dans la limite de 72,81 € par jour, puis 60 % le second mois, dans la limite de 62,41 € par jour. Sur un mois de 30 jours, le maximum atteint donc environ 2 184 € le premier mois et 1 872 € le second.

 

3. Les deux parents peuvent-ils partir en même temps ?
Oui. Chaque parent dispose de ses propres droits et peut prendre son congé en même temps que l'autre ou en alternance, selon l'organisation qui convient le mieux à la famille.

 

4. Pourquoi n'ai-je rien reçu alors que mon congé a commencé il y a trois semaines ?
C'est normal : l'indemnité est versée une fois le mois de congé terminé. Si le délai dépasse largement la fin de la période, vérifiez auprès de votre employeur que la déclaration a bien été transmise à la CPAM.

 

5. Mon employeur peut-il refuser ce congé ?
Non, dès lors que vous remplissez les conditions et respectez le délai de prévenance d'un mois (ou de 15 jours en cas d'enchaînement direct avec le congé paternité ou d'adoption). Votre contrat est suspendu pendant toute la durée du congé.

 

6. Que change la DSN d'octobre pour moi ?
Rien dans vos démarches personnelles : c'est votre employeur qui déclare désormais le congé via son logiciel de paie. L'objectif est de fiabiliser les informations transmises et de réduire les délais de paiement.

 

Congé de naissance : l'essentiel à retenir cet automne

Le congé supplémentaire de naissance tient sa promesse sur le fond : du temps en plus auprès de bébé, pour les deux parents, avec une indemnisation dégressive mais réelle. Les ratés de l'été s'expliquent surtout par un versement à terme échu mal anticipé et une chaîne déclarative encore rodée à la main. Avec l'arrivée de la DSN au 1er octobre, la situation devrait s'améliorer nettement.

D'ici là, une lettre recommandée bien datée, une confirmation écrite de votre employeur et un coup d'œil régulier à votre compte ameli restent vos meilleurs alliés pour profiter de ces semaines l'esprit tranquille.

 

 

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