Votre bébé enchaîne les épisodes de bronchiolite depuis plusieurs semaines et, malgré les traitements, la toux et les glaires reviennent ? Cette situation inquiète beaucoup de parents, qui se demandent si les médicaments sont adaptés, si la kinésithérapie respiratoire pourrait aider et si les lavages de nez répétés sont sans danger.
La bronchiolite touche chaque hiver près d'un nourrisson sur trois et reste l'une des premières causes de consultation aux urgences pédiatriques. Une maman nous a confié son inquiétude pour son bébé de six mois : notre pédiatre lui répond, en s'appuyant sur les recommandations actuelles de la Haute Autorité de santé (HAS).
💬 « Mon bébé de six mois a une bronchiolite depuis ses 5 mois. Son pédiatre le traite avec de la Ventoline et du Pulmicort. Il y a une semaine, il semblait aller mieux et le médecin a décidé de réduire la dose de Ventoline et de passer au Pulmicort 100. Mais cette semaine, il a à nouveau beaucoup de toux et une gêne dans la poitrine, avec beaucoup de glaires… J'aimerais savoir s'il ne serait pas bon qu'il fasse quelques exercices de physiothérapie respiratoire pour l'aider à éliminer tout le mucus qu'il a ? Car depuis qu'il a un mois, nous lui donnons du sérum et lui nettoyons le mucus… Je ne sais pas si autant de sérum est bon. Merci beaucoup. »
Bronchiolite à répétition ou asthme du nourrisson : la réponse du pédiatre
👨⚕️ Réponse de notre pédiatre
La bronchiolite est une infection virale des bronchioles, les plus petites ramifications des bronches. Le virus respiratoire syncytial (VRS) en est le principal responsable, mais d'autres virus, comme le rhinovirus ou le métapneumovirus, peuvent provoquer de nouveaux épisodes au cours du même hiver.
Depuis 2019, la HAS définit la bronchiolite comme le premier épisode de gêne respiratoire sifflante d'origine virale chez un bébé de moins de 12 mois. Pour ce premier épisode, aucun médicament ne raccourcit la maladie : les bronchodilatateurs comme la Ventoline (salbutamol) et les corticoïdes, inhalés ou par voie orale, ne sont pas recommandés. Le traitement repose sur le lavage du nez, le fractionnement des repas et la surveillance attentive par les parents.
La situation change lorsque les épisodes se répètent. On parle d'asthme du nourrisson à partir de trois épisodes de respiration sifflante avant l'âge de 3 ans. Chez ces bébés, les bronches présentent une hyperréactivité : elles se contractent et s'enflamment au moindre virus, là où d'autres enfants ne feraient qu'un simple rhume. C'est dans ce cadre qu'un traitement par Ventoline lors des crises et par corticoïde inhalé en traitement de fond, comme le Pulmicort, prend tout son sens. Le pédiatre de votre bébé suit donc une logique cohérente. Pour mieux comprendre cette maladie et son suivi, consultez notre dossier sur l'asthme chez les bébés.
L'efficacité de ces médicaments dépend beaucoup de la façon dont ils sont administrés. Chez un nourrisson, l'aérosol doseur doit toujours être utilisé avec une chambre d'inhalation munie d'un masque adapté à son âge, bien appliqué sur le nez et la bouche, en laissant votre bébé respirer calmement plusieurs fois dans la chambre après chaque bouffée. Un bébé qui pleure inhale beaucoup moins de produit. Le corticoïde inhalé agit lentement, en plusieurs semaines : une rechute après une baisse des doses doit donc être signalée au pédiatre, qui pourra réajuster le traitement. Ne modifiez jamais les doses vous-même.

Kinésithérapie respiratoire : ce que recommande aujourd'hui la HAS
👨⚕️ Ce que dit notre pédiatre
Pendant des années, la kinésithérapie respiratoire a été prescrite presque systématiquement aux nourrissons atteints de bronchiolite en France. Les techniques utilisées, comme le clapping ou l'accélération du flux expiratoire, visaient à décoller le mucus des bronches pour aider bébé à l'évacuer. Les études n'ont pourtant pas montré qu'elles accélèrent la guérison ou évitent une hospitalisation.
Dans ses recommandations de 2019, toujours en vigueur, la HAS a donc tranché : la kinésithérapie respiratoire n'est pas recommandée dans la bronchiolite du nourrisson et elle est contre-indiquée chez les bébés hospitalisés, car elle peut aggraver la détresse respiratoire. Elle n'a pas non plus de place démontrée dans le traitement de l'asthme du nourrisson. Seules quelques situations très particulières, comme certaines maladies neuromusculaires ou respiratoires chroniques, peuvent la justifier, sur décision du médecin.
Pour votre bébé, le geste le plus utile reste donc un nez bien dégagé, associé à un traitement de fond bien conduit. Si vous vous sentez dépassée face à l'encombrement, votre pédiatre ou une infirmière puéricultrice de PMI peut vous montrer les bons gestes. Surveillez aussi de près les signes qui doivent vous faire appeler le 15 ou consulter aux urgences sans attendre :
- une respiration très rapide, à plus de 60 mouvements par minute, ou des pauses respiratoires ;
- des creux entre les côtes ou sous le sternum à chaque inspiration, un battement des ailes du nez ;
- des lèvres bleutées, un teint gris ou pâle ;
- un bébé qui boit moins de la moitié de ses quantités habituelles sur trois repas consécutifs ;
- une somnolence inhabituelle, un bébé mou ou difficile à réveiller ;
- une fièvre chez un bébé de moins de 3 mois.
Lavage de nez au sérum physiologique : le geste clé, bien réalisé
👨⚕️ L'avis de notre pédiatre
Jusqu'à 4 à 6 mois, le nourrisson respire principalement par le nez. Un nez bouché le gêne pour respirer, pour téter et pour dormir. La désobstruction rhinopharyngée, autrement dit le lavage de nez au sérum physiologique, est le soin recommandé en première ligne par la HAS. Le sérum n'atteint pas les bronches, mais en dégageant le nez et l'arrière-gorge, il limite le mucus qui s'écoule vers le bas et soulage nettement votre bébé.
Le sérum physiologique vendu en pharmacie n'est pas nocif et peut être utilisé plusieurs fois par jour. En revanche, il ne doit jamais être fabriqué à la maison : les préparations artisanales sont souvent trop salées et réalisées avec du sel de cuisine, ce qui irrite les muqueuses. Utilisez des dosettes unidoses stériles et jetez-les après usage. Voici la technique recommandée :
- Lavez-vous soigneusement les mains.
- Allongez votre bébé sur le dos ou sur le côté, la tête tournée sur le côté et bien maintenue.
- Placez l'embout de la dosette à l'entrée de la narine du dessus, sans l'enfoncer.
- Pressez la dosette d'un geste franc mais doux : le sérum ressort par l'autre narine avec les sécrétions.
- Redressez bébé, essuyez son nez, puis tournez sa tête de l'autre côté et recommencez.
Réalisez ces lavages avant les repas, pour l'aider à boire et limiter les vomissements, et avant le coucher pour améliorer son sommeil. Pour revoir le geste pas à pas et choisir le bon matériel, lisez notre guide pour nettoyer le nez de bébé. Pensez aussi à fractionner les repas et à bannir le tabac du logement.
Vos questions fréquentes concernant la bronchiolite chez le bébé
1. Combien de temps dure une bronchiolite chez le nourrisson ?
Une bronchiolite dure en moyenne une dizaine de jours, avec un pic de gêne respiratoire entre le deuxième et le quatrième jour. La toux peut ensuite persister deux à quatre semaines. Au-delà, ou si les symptômes reviennent rapidement, parlez-en à votre pédiatre.
2. Mon bébé fait des bronchiolites à répétition, est-ce de l'asthme ?
C'est possible. À partir de trois épisodes de respiration sifflante avant 3 ans, le médecin évoque un asthme du nourrisson. Un traitement de fond et un suivi régulier permettent alors d'espacer les crises. Découvrez ce qu'il faut savoir lorsque votre bébé a déjà eu plusieurs bronchiolites.
3. Peut-on donner trop de sérum physiologique à un bébé ?
Le sérum physiologique du commerce n'est pas dangereux et peut être utilisé plusieurs fois par jour selon l'encombrement, en particulier avant les repas et le coucher. Si le nez de votre bébé devient rouge, irrité ou saigne, espacez les lavages et demandez conseil à votre pédiatre.
4. La Ventoline est-elle efficace contre la bronchiolite ?
Pour un premier épisode de bronchiolite, la HAS ne recommande pas la Ventoline, car elle n'améliore pas l'évolution. Elle devient utile en cas d'asthme du nourrisson, administrée avec une chambre d'inhalation et un masque adapté.
5. Quand faut-il consulter en urgence ?
Appelez le 15 si votre bébé respire très vite ou fait des pauses, si ses côtes se creusent, si ses lèvres bleuissent, s'il boit moins de la moitié de ses biberons ou s'il est anormalement somnolent.
Conclusion
Quand la bronchiolite revient encore et encore, il ne s'agit souvent plus d'une simple infection virale mais d'un asthme du nourrisson, qui justifie un traitement de fond adapté et un suivi régulier. La Ventoline et le Pulmicort ont alors leur place, à condition d'être donnés avec une chambre d'inhalation et un masque bien ajusté. Conformément aux recommandations de la HAS, la kinésithérapie respiratoire n'est plus conseillée : le lavage de nez au sérum physiologique, réalisé avec la bonne technique, reste le geste le plus efficace pour soulager votre bébé au quotidien.
Signalez chaque rechute au pédiatre, qui pourra réajuster les doses ou proposer l'avis d'un pneumo-pédiatre si les crises persistent. Et gardez en tête les signes d'alerte qui doivent faire appeler le 15 sans attendre.


