Vous avez remarqué des veines gonflées au niveau de vos jambes ou de votre zone intime depuis que vous êtes enceinte ? Ces désagréments vasculaires, bien que fréquents pendant la grossesse, peuvent parfois susciter de nombreuses interrogations. Entre les varices vulvaires et la thrombophlébite, il est essentiel de comprendre ces phénomènes pour mieux les gérer et vivre votre grossesse plus sereinement. Découvrez dans cet article le témoignage d'une future maman confrontée à ces problèmes et les conseils éclairés d'un gynécologue pour y faire face.
Le témoignage d'une maman : varices et thrombophlébite récidivantes
💬 LA QUESTION DE LA MAMAN
« Lors de ma première grossesse, j'ai eu une thrombophlébite dans la jambe droite qui m'a aussi touchée l'aine. C'était au huitième mois, et après l'accouchement, ça s'est amélioré un peu, mais la jambe en question est restée un peu endommagée.
Je suis maintenant enceinte de 20 semaines, et ma jambe droite est touchée, la gauche commence aussi à être affectée. Ce que je viens de découvrir, c'est que dans la zone des organes génitaux, ma vulve, surtout du côté droit, est pleine de varices.
Je n'ai pas rendez-vous avec mon gynéco avant 20 jours et, de plus, ce dernier s'exprime peu. Je vous serais reconnaissante de bien vouloir me donner votre opinion. Est-ce que cela peut empêcher que la naissance soit naturelle ? Mon gynécologue m'a aussi dit au début que l'on pouvait utiliser de l'héparine. Que pensez-vous de cette opinion ? D'autre part, la dernière fois, j'ai été au repos les 3 dernières semaines. Comme je travaille debout, le problème est-il si important que je doive demander un arrêt maladie ou est-ce que je pourrais essayer de me débrouiller sans ? »
👨⚕️ LA RÉPONSE DU GYNÉCOLOGUE
D'après ce que vous m'expliquez, vous présentez une insuffisance vasculaire majeure. Compte tenu de la façon dont s'est terminée votre grossesse précédente, peut-être aurait-on dû vous avertir des risques relatifs à cette nouvelle grossesse, étant donné que les problèmes vasculaires sont aggravés lorsque le système vasculaire subit un nouvel effort.
Votre grossesse est à risque et, à ce titre, vous devez être traitée et devriez pouvoir consulter un médecin lorsque vous considérez que quelque chose ne va pas bien. Si les faits sont tels que vous me les avez décrits, vous devriez être en arrêt maladie pour vous reposer et, en particulier, pour éviter d'être debout. Il n'y a aucun doute sur le fait que vous deviez commencer ce repos au plus tôt.
Quant au fait de déclencher l'accouchement plus tôt ou d'accoucher au moyen d'une césarienne, c'est une décision qui doit être prise en fonction de l'avis des personnes qui sont responsables du contrôle de votre grossesse.
N'hésitez pas à consulter notre article sur les questions essentielles sur l'accouchement pour mieux vous préparer.

Comprendre les varices vulvaires pendant la grossesse
Les varices vulvaires touchent environ 5 à 10 % des femmes enceintes, particulièrement à partir du deuxième trimestre. Elles se manifestent par des veines dilatées au niveau de la vulve, pouvant provoquer des sensations de lourdeur, des douleurs ou des démangeaisons. Ce phénomène s'explique par plusieurs facteurs caractéristiques de la grossesse.
Pendant la grossesse, le corps subit d'importants bouleversements hormonaux. La progestérone, notamment, a un effet relaxant sur les parois des vaisseaux sanguins, ce qui peut entraîner leur dilatation. Parallèlement, le volume sanguin augmente considérablement pour nourrir le fœtus, ce qui sollicite davantage le système veineux. L'utérus en croissance exerce également une pression sur les veines du bassin, gênant le retour veineux vers le cœur.
La bonne nouvelle est que dans 90 % des cas, les varices vulvaires disparaissent spontanément dans les semaines suivant l'accouchement, lorsque la pression abdominale diminue et que les niveaux hormonaux se normalisent. Cependant, chez certaines femmes ayant eu plusieurs grossesses ou présentant des antécédents de troubles veineux, elles peuvent persister et nécessiter une prise en charge spécifique.
Concernant l'accouchement, les varices vulvaires ne constituent généralement pas une contre-indication à un accouchement par voie basse. Toutefois, si elles sont très volumineuses et douloureuses, le risque d'hémorragie peut conduire l'équipe médicale à envisager une césarienne. Cette décision sera prise au cas par cas, en fonction de votre situation personnelle.
Thrombophlébite et grossesse : pourquoi un suivi rigoureux est indispensable
La thrombophlébite, ou phlébite, correspond à la formation d'un caillot sanguin dans une veine, généralement au niveau des jambes. Les femmes enceintes présentent un risque accru de développer ce type de complication en raison des modifications de la coagulation sanguine qui surviennent naturellement pendant la grossesse pour prévenir les hémorragies lors de l'accouchement.
Lorsqu'une femme a déjà eu une thrombophlébite lors d'une grossesse précédente, le risque de récidive est significativement augmenté. C'est pourquoi un suivi médical rapproché est essentiel. Le traitement par héparine, mentionné par cette future maman, est effectivement une option thérapeutique couramment utilisée pendant la grossesse. L'héparine est un anticoagulant qui ne traverse pas le placenta et peut donc être administré en toute sécurité pour la mère et le bébé.
Les signes d'alerte à surveiller incluent :
- Une douleur au mollet ou à la cuisse, souvent unilatérale
- Un gonflement de la jambe concernée
- Une sensation de chaleur ou une rougeur au niveau de la zone touchée
- Une induration palpable le long du trajet veineux
En cas d'apparition de ces symptômes, il est impératif de consulter rapidement un professionnel de santé. Une thrombose veineuse profonde non traitée peut avoir des conséquences graves, notamment le risque d'embolie pulmonaire. Pour comprendre l'importance du repos dans ces situations, consultez notre article sur le repos absolu pendant la grossesse.
Comment soulager les troubles veineux pendant la grossesse
Plusieurs mesures peuvent être mises en place pour améliorer le confort et limiter l'aggravation des problèmes veineux pendant la grossesse. Le repos est la première recommandation, particulièrement pour les femmes exerçant un métier nécessitant une station debout prolongée.
Les gestes quotidiens recommandés comprennent :
- Surélever les jambes plusieurs fois par jour pendant 15 à 30 minutes
- Éviter de rester debout ou assise trop longtemps sans bouger
- Porter des bas ou collants de contention adaptés à la grossesse
- Appliquer des jets d'eau froide sur les jambes et la zone vulvaire pour soulager la sensation de lourdeur
- Pratiquer une activité physique douce et adaptée comme la natation ou la marche
- Éviter les vêtements trop serrés qui peuvent entraver la circulation
Du côté des traitements médicaux, votre médecin peut vous prescrire des médicaments veinotoniques pour améliorer la tonicité des parois veineuses, ainsi que des crèmes anti-démangeaisons si nécessaire. Dans certains cas, le port d'une culotte de contention spécifique peut apporter un soulagement significatif au niveau vulvaire.
L'arrêt de travail est souvent nécessaire lorsque les conditions professionnelles aggravent les symptômes. Si vous travaillez debout, comme c'est le cas pour cette future maman, n'hésitez pas à en discuter avec votre médecin qui pourra vous prescrire un arrêt maladie adapté à votre situation. Pour mieux comprendre les signaux de votre corps pendant cette période, découvrez notre article sur les contractions pendant la grossesse.
Vos questions fréquentes concernant les varices et problèmes veineux pendant la grossesse
1. Les varices vulvaires empêchent-elles d'accoucher par voie basse ?
Dans la grande majorité des cas, les varices vulvaires ne constituent pas un obstacle à l'accouchement par voie naturelle. Seules les varices très volumineuses présentant un risque hémorragique important peuvent conduire l'équipe médicale à privilégier une césarienne. Cette décision est toujours prise au cas par cas après évaluation de votre situation personnelle.
2. L'héparine est-elle sans danger pendant la grossesse ?
Oui, l'héparine est considérée comme sûre pendant la grossesse car elle ne traverse pas la barrière placentaire. Elle est couramment prescrite aux femmes présentant des antécédents de thrombose ou un risque élevé de complications vasculaires. Votre médecin déterminera la posologie adaptée à votre situation et assurera un suivi régulier.
3. Les varices vulvaires disparaissent-elles après l'accouchement ?
Dans environ 90 % des cas, les varices vulvaires régressent spontanément dans les semaines suivant l'accouchement. Cette amélioration s'explique par la diminution de la pression abdominale et la normalisation des taux hormonaux. Si elles persistent au-delà de trois mois, une consultation chez un médecin vasculaire peut être recommandée.
4. Quand dois-je m'inquiéter et consulter en urgence ?
Vous devez consulter rapidement si vous ressentez une douleur intense et soudaine dans une jambe, un gonflement important, une rougeur ou une chaleur localisée, ou encore un essoufflement inexpliqué. Ces symptômes peuvent indiquer une thrombose veineuse profonde ou une embolie pulmonaire, situations nécessitant une prise en charge médicale urgente.
Conclusion
Les problèmes veineux comme les varices vulvaires et la thrombophlébite sont des complications relativement fréquentes de la grossesse, particulièrement chez les femmes ayant des antécédents. Une prise en charge adaptée et un suivi médical régulier permettent de gérer efficacement ces situations et de mener la grossesse à terme dans les meilleures conditions possibles. N'hésitez jamais à consulter votre médecin ou gynécologue si vous avez le moindre doute ou si vos symptômes s'aggravent. Le repos, le port de contention et parfois un traitement anticoagulant constituent les piliers de la prise en charge. Prenez soin de vous et de votre bébé en étant à l'écoute de votre corps tout au long de ces neuf mois.


