Vous avez embauché une nounou en contrat à durée déterminée (CDD) et la collaboration ne se déroule finalement pas comme prévu ? Sachez que, tout comme pour un contrat à durée indéterminée, il est tout à fait possible de mettre fin à un CDD pendant la période d'essai, et ce sans avoir à justifier votre décision.
Cette liberté n'est toutefois pas sans conditions : un formalisme précis doit être respecté, et un délai de prévenance s'impose dans la plupart des cas.
Voici comment procéder en toute légalité, en tenant compte des règles actualisées de la convention collective et du barème 2026.
Rompre le CDD d'une nounou pendant la période d'essai : le cadre légal
Si vous devez rompre le contrat de votre nounou en CDD pendant sa période d'essai, vous n'êtes pas tenu de motiver votre décision : la rupture pendant l'essai reste, par principe, libre pour les deux parties. En revanche, la forme compte autant que le fond. Il est indispensable d'adresser à la salariée une lettre de rupture de période d'essai, envoyée en recommandé avec accusé de réception, ou remise en main propre en double exemplaire contre signature. Conservez précieusement l'exemplaire signé par la nounou : en cas de litige ultérieur, c'est la seule preuve tangible que la notification a bien été effectuée dans les règles.
Ce principe de rupture libre pendant l'essai est identique à celui applicable à un CDI rompu pendant sa période d'essai. La différence essentielle entre les deux types de contrats se situe surtout dans la durée de l'essai lui-même : en CDD, elle est calculée à raison d'un jour par semaine de contrat, dans la limite de deux semaines pour les contrats de six mois ou moins, et d'un mois pour les contrats plus longs. Cette durée doit impérativement figurer noir sur blanc dans le contrat de travail signé avec votre salariée.

Le délai de prévenance à respecter selon l'ancienneté de la nounou
Au-delà du formalisme de la lettre, l'employeur doit respecter un délai de prévenance, c'est-à-dire le temps minimal à laisser entre l'annonce de la rupture et le départ effectif de la salariée. Sa durée dépend directement du temps de présence de la nounou depuis le début de son contrat.
- CDD de moins de 7 semaines : aucun délai de prévenance n'est exigé. La rupture peut intervenir immédiatement, sans préavis.
- CDD de 7 semaines ou plus (période d'essai d'au moins 7 jours) : un délai de 24 heures s'applique si la rupture intervient entre le 1er et le 7ème jour de présence ; il passe à 48 heures à partir du 8ème jour de présence.
Prenons un exemple concret : vous avez signé un CDD de 10 semaines, ce qui porte la période d'essai à 10 jours. Si vous notifiez la rupture à votre nounou au 4ème jour de présence, vous lui devez un délai de prévenance de 24 heures. Si, en revanche, vous prenez votre décision au 8ème jour, le délai de prévenance passe à 48 heures.
Un point mérite une attention particulière : le délai de prévenance ne peut jamais avoir pour effet de prolonger la période d'essai au-delà de son terme théorique. Si le délai de prévenance se termine après la date de fin de la période d'essai, la fin de contrat doit être fixée au dernier jour de l'essai, et vous devrez rémunérer à la salariée la part du délai de prévenance qui n'aura pas pu être effectuée. À l'inverse, si c'est la nounou qui souhaite rompre le contrat pendant sa période d'essai, elle n'est soumise à aucun délai de prévenance, quelle que soit la durée de son essai.
Convention collective IDCC 3239 et barème 2026 : ce qui change pour l'employeur
Depuis la fusion des anciennes conventions du particulier employeur et des assistants maternels, c'est la convention collective nationale des salariés du particulier employeur et de l'emploi à domicile (IDCC 3239) qui encadre l'ensemble de la relation de travail entre les parents employeurs et leur nounou à domicile, y compris les modalités de rupture pendant la période d'essai. Ce texte vient compléter le Code du travail, notamment sur les questions de classification, de rémunération et de préavis.
Sur le plan financier, la grille de salaires de cette convention a été revalorisée par un avenant récent. En 2026, le SMIC horaire brut s'établit à 12,31 €, un montant qui s'applique de fait au niveau d'entrée de la grille conventionnelle. Pour une nounou à domicile employée à temps plein (40 heures hebdomadaires, soit environ 174 heures mensualisées), le salaire minimum conventionnel s'élève à environ 2 242 € brut mensuel pour le niveau A, contre environ 2 275 € brut pour le niveau B, applicable lorsque la garde concerne plusieurs enfants ou inclut des missions élargies comme l'aide aux devoirs ou les trajets école-domicile. La convention prévoit également une majoration de 4 % du salaire minimum pour les nounous titulaires du CQP Garde d'enfants ou d'un titre professionnel de niveau V.
Pendant la période d'essai comme après, ce barème conventionnel s'impose : vous ne pouvez jamais rémunérer votre nounou en dessous de ces seuils, même sur une très courte période de présence. Pour calculer précisément ce qui lui est dû jusqu'à son dernier jour de travail, vous pouvez consulter notre guide sur comment payer sa nounou, qui détaille le calcul du salaire, des congés payés et des cotisations sociales.
Indemnités, documents de fin de contrat et salaire dû à la nounou
Contrairement à un licenciement classique, la rupture de la période d'essai d'un CDD n'ouvre droit à aucune indemnité de rupture ni indemnité de précarité pour la salariée, puisque le contrat n'est pas allé à son terme dans des conditions normales. La nounou perçoit néanmoins l'intégralité du salaire correspondant aux heures effectivement travaillées, ainsi que l'indemnité compensatrice de congés payés calculée au prorata de sa présence.
À l'issue de la période d'essai rompue, plusieurs documents doivent obligatoirement être remis à la salariée :
- le certificat de travail, mentionnant les dates d'entrée et de sortie ainsi que la nature de l'emploi occupé ;
- l'attestation employeur destinée à France Travail, nécessaire pour l'ouverture éventuelle de droits au chômage ;
- le solde de tout compte, récapitulant les sommes versées à la fin du contrat ;
- le dernier bulletin de salaire, incluant le calcul des congés payés.
Si, malgré tout, un désaccord persiste sur les sommes dues ou sur les conditions de la rupture, il est recommandé de conserver l'ensemble des échanges écrits avec votre salariée. En cas de doute sur une situation plus délicate, mieux vaut également anticiper la suite de la relation contractuelle en amont, notamment si vous envisagez de recruter une remplaçante rapidement.
Vos questions fréquentes concernant la rupture de la période d'essai d'une nounou en CDD
1. Puis-je rompre le CDD de ma nounou sans aucun motif ?
Oui, pendant la période d'essai, la rupture est libre et ne nécessite aucune justification, à condition de respecter le formalisme de notification et, le cas échéant, le délai de prévenance applicable.
2. Que se passe-t-il si je ne respecte pas le délai de prévenance ?
Vous devez alors verser à la nounou une indemnité compensatrice équivalente au salaire qu'elle aurait perçu si le délai avait été respecté jusqu'à son terme.
3. La nounou peut-elle elle-même rompre le contrat pendant l'essai ?
Oui, et sans avoir à respecter de délai de prévenance, quelle que soit la durée de la période d'essai fixée au contrat.
4. Le salaire minimum conventionnel s'applique-t-il pendant la période d'essai ?
Oui, le barème de la convention collective IDCC 3239 s'applique dès le premier jour de travail, y compris pendant l'essai, et jusqu'au dernier jour de présence de la salariée.
5. Dois-je verser une indemnité de fin de contrat si je romps l'essai ?
Non, la rupture pendant la période d'essai n'ouvre droit ni à l'indemnité de précarité ni à une indemnité de rupture, seulement au salaire dû et aux congés payés acquis.
Conclusion
Rompre le CDD d'une nounou pendant la période d'essai reste une démarche encadrée mais accessible, à condition de respecter scrupuleusement le formalisme de notification et le délai de prévenance applicable selon l'ancienneté de la salariée. La revalorisation régulière du barème de la convention collective IDCC 3239 rappelle également l'importance de vérifier, avant toute rupture, que la rémunération versée jusqu'au dernier jour respecte bien les minima conventionnels en vigueur en 2026. Un formalisme bien maîtrisé, associé à des documents de fin de contrat correctement établis, permet d'éviter tout litige ultérieur avec votre salariée.


