La rentrée n'est pas réservée aux enfants qui retrouvent le chemin de l'école. Pour de nombreuses jeunes mamans, c'est aussi le moment idéal pour se poser une question de fond : et si c'était le bon instant pour changer de métier, reprendre une formation ou lancer une reconversion professionnelle ?
Entre la fin d'un congé parental, l'envie de donner un nouveau sens à sa carrière et la nécessité de concilier vie de famille et projet professionnel, cette période charnière mérite d'être préparée avec méthode. Voici comment transformer cette rentrée en tremplin, sans sacrifier l'organisation familiale.
Pourquoi la rentrée est le bon moment pour se reconvertir
La rentrée de septembre correspond souvent, dans la vie des jeunes mamans, à un moment de bascule naturel : fin du congé parental, retour progressif à un rythme plus structuré, enfant qui entre en crèche ou en maternelle. Cette période agit comme un signal de redémarrage, propice à la remise en question professionnelle. De nombreuses femmes profitent justement de cette étape pour réfléchir à leur avenir de carrière, comme nous l'évoquions dans notre article sur la reprise du travail après un long congé parental, qui aborde déjà les enjeux logistiques et psychologiques du retour à l'emploi.
La reconversion pendant ou après un congé parental n'a rien d'anecdotique : une part importante des salariées en congé parental envisagent une évolution professionnelle durant cette période, souvent motivée par le désir d'un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Le Code du travail encadre d'ailleurs très clairement ce droit : le congé parental suspend le contrat de travail, mais il ne suspend absolument pas l'accès à la formation professionnelle. Une jeune maman en congé parental peut donc, dès aujourd'hui, mobiliser ses droits pour préparer sa reprise plutôt que de la subir.
Se reconvertir à la rentrée, c'est aussi profiter d'un contexte favorable : les organismes de formation ouvrent leurs sessions de septembre, les administrations traitent les nouvelles demandes de financement, et les modes de garde se réorganisent pour l'année scolaire. Autant de raisons de saisir cette fenêtre plutôt que d'attendre.

CPF, PTP, France Travail : quels dispositifs pour financer sa formation
Le nerf de la guerre d'une reconversion, c'est bien souvent son financement. Bonne nouvelle : plusieurs dispositifs permettent de financer une formation sans reste à charge important, y compris pendant un congé parental.
- Le Compte Personnel de Formation (CPF) reste mobilisable à tout moment, y compris pendant un congé parental d'éducation. Les droits continuent même à s'accumuler durant cette période, à hauteur d'un plafond annuel comparable à celui des salariées en poste. Il suffit de se connecter sur la plateforme officielle pour consulter son solde et choisir une formation éligible.
- Le Projet de Transition Professionnelle (PTP), qui a remplacé le CIF, s'adresse aux salariées souhaitant changer de métier de façon structurée, avec un accompagnement financier pouvant couvrir une formation longue et certifiante.
- Pour les femmes inscrites comme demandeuses d'emploi, France Travail peut prendre en charge tout ou partie du coût d'une formation qualifiante, en complément ou en substitution du CPF, notamment lorsque les droits acquis ne suffisent pas.
Le choix du bon dispositif dépend surtout du statut au moment de la reprise : salariée en congé parental, demandeuse d'emploi ou en reconversion volontaire hors interruption de contrat. Dans tous les cas, un premier réflexe utile consiste à réaliser un bilan de compétences, qui permet de clarifier le projet avant d'engager des démarches de financement. Nous détaillions déjà les grandes étapes de cette réflexion dans notre article sur la reconversion post-partum, qui reste une excellente base pour structurer un projet solide avant de se lancer.
Un point de vigilance : certaines formations nécessitent l'accord de l'employeur si elles se déroulent en tout ou partie sur le temps de travail. En revanche, aucune autorisation n'est requise lorsque la formation se déroule pendant le congé parental ou en dehors du temps de travail suspendu. Il reste néanmoins conseillé d'informer son employeur, ne serait-ce que pour anticiper les conditions du retour.
Faire garder son enfant pendant sa formation : les solutions et les aides
Se former à la rentrée soulève immédiatement une question pratique : qui garde l'enfant pendant les heures de cours, de stage ou d'examen ? C'est souvent ce frein logistique, plus que le financement lui-même, qui fait renoncer certaines jeunes mamans à leur projet.
Plusieurs aides existent pourtant pour lever cet obstacle. L'Aide à la Garde d'Enfants (AGE), versée par France Travail, a remplacé l'ancienne AGEPI depuis mai 2024. Elle s'adresse aux demandeurs d'emploi qui élèvent un enfant de moins de 12 ans et qui entrent en formation ou reprennent une activité. Son montant, forfaitaire, dépend de l'intensité horaire de la formation et du nombre d'enfants à charge : il peut atteindre plusieurs centaines d'euros pour une formation d'au moins 15 heures par semaine, et davantage encore avec plusieurs enfants. La demande s'effectue directement depuis l'espace personnel France Travail, dans le mois qui suit l'entrée en formation.
D'autres solutions locales complètent ce dispositif national : certaines régions proposent des aides complémentaires à la garde pour les parents en formation qualifiante, cumulables sous conditions avec l'AGE. Il est également possible de mobiliser le Complément de libre choix du mode de garde (CMG) de la CAF si l'enfant est confié à une assistante maternelle ou à une micro-crèche pendant les heures de formation. Pour un panorama complet des aides à la garde souvent méconnues, notre article sur les aides à la garde de bébé recense les dispositifs à ne pas laisser de côté.
Autre option à ne pas négliger : la formation à distance. De plus en plus de parcours certifiants se déroulent intégralement en ligne, avec un rythme adaptable, ce qui permet de concilier plus facilement les temps de cours avec les créneaux de garde disponibles, notamment en cas de place limitée en crèche ou en périscolaire.
Organiser concrètement sa reprise d'études avec un jeune enfant
Au-delà du financement et de la garde, la réussite d'une reconversion pendant cette période repose surtout sur une organisation réaliste. Se lancer dans une formation en sous-estimant la charge mentale qu'elle représente en parallèle de la vie de jeune parent est l'un des principaux facteurs d'abandon en cours de route.
- Choisir, si possible, une formation modulable ou à distance, qui laisse une marge de manœuvre en cas d'imprévu lié à l'enfant (maladie, fermeture de crèche, journée pédagogique).
- Anticiper les modes de garde de secours pour les jours d'examen ou de stage intensif, en identifiant à l'avance une solution complémentaire à la garde habituelle.
Il est également utile de fractionner les objectifs : plutôt que de viser une certification complète en quelques mois, certaines mamans optent pour un parcours modulaire, validé étape par étape, qui laisse la possibilité de souffler sans perdre le fil du projet. Cette approche progressive réduit sensiblement la pression et permet de mieux absorber les aléas du quotidien avec un jeune enfant.
Enfin, le soutien de l'entourage reste déterminant. Impliquer le conjoint, la famille ou un réseau de parents dans l'organisation logistique de la semaine permet souvent de tenir la distance sur plusieurs mois de formation, là où une organisation reposant sur une seule personne s'essouffle plus rapidement.
Vos questions fréquentes concernant la reprise d'une formation à la rentrée
1. Peut-on suivre une formation pendant un congé parental sans l'accord de l'employeur ?
Oui, tant que la formation se déroule en dehors du temps de travail, qui est de toute façon suspendu pendant le congé parental. Aucune autorisation n'est requise dans ce cas, même s'il reste conseillé d'informer son employeur par courtoisie professionnelle.
2. Les droits CPF continuent-ils à s'accumuler pendant un congé parental ?
Oui, les droits au Compte Personnel de Formation continuent d'être crédités pendant un congé parental d'éducation, dans les mêmes conditions que pour une salariée en poste, ce qui permet de préparer sa reconversion sans perdre de droits acquis.
3. Quel est le montant de l'aide à la garde d'enfants pour une formation ?
Le montant de l'AGE varie selon la durée hebdomadaire de la formation et le nombre d'enfants à charge. Il est plus élevé pour les formations d'au moins 15 heures par semaine que pour les formations plus courtes, et augmente avec le nombre d'enfants de moins de 12 ans à faire garder.
4. Faut-il être demandeuse d'emploi pour bénéficier d'une aide à la garde pendant une formation ?
L'Aide à la Garde d'Enfants (AGE) de France Travail est réservée aux demandeurs d'emploi inscrits. Les salariées en poste ou en congé parental peuvent en revanche solliciter le Complément de libre choix du mode de garde de la CAF ou des aides locales, selon leur situation.
Conclusion
Reprendre une formation ou entamer une reconversion à la rentrée avec un jeune enfant n'est ni un pari risqué ni un parcours du combattant, à condition de s'appuyer sur les bons dispositifs. Entre le CPF, le PTP, l'accompagnement de France Travail et les aides à la garde comme l'AGE ou le CMG, les leviers existent pour financer un projet professionnel sans le faire reposer uniquement sur l'organisation familiale. Le plus important reste de démarrer par une réflexion claire sur ses envies, puis de bâtir un plan progressif qui laisse la place aux imprévus du quotidien avec un bébé ou un jeune enfant.


