GPA : la polémique…

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Papa, maman et bébé sous un arbre en été

Et si nous nous penchions sur le thème de la GPA (Gestation Pour Autrui). Découvrons le témoignage d'un papa qui nous invite à réfléchir de façon un peu plus approfondie à la question à travers son expérience personnelle. Voici son témoignage.

 

Dans notre rubrique «Opinion», des mamans nous donnaient leur avis sur la GPA, une pratique que l’on connaît également sous le terme de « mère porteuse », de plus en plus répandue aux États-Unis et qui se veut une réponse au besoin des couples qui se trouvent dans l’impossibilité d’avoir un enfant.

À la suite de cette publication, nous avons reçu le témoignage d’un papa qui, en nous racontant son expérience personnelle, réagit aux déclarations de certaines mamans. Sa lettre nous a fait beaucoup réfléchir et nous pensons que son propos vous intéressera également. Voici ce qu’il nous dit.

 

Mère porteuse ou GPA ?

« Je m’appelle Alexandre et je suis l’heureux papa d’un petit garçon né en janvier aux Etats-Unis par le biais d’une « mère porteuse », comme on appelle communément la GPA. Je suis très heureux que vous ayez abordé ce thème dans « Bébés et Mamans », mais je pense qu’il faut définitivement supprimer le terme « mère porteuse » qui est, sommes toutes, très péjoratif surtout qu’il existe maintenant un autre terme, comme je l’indiquais plus haut ».

Alexandre ajoute : « Je voudrais dire que l’adoption et la GPA sont deux démarches très différentes. Les délais pour adopter sont extrêmement longs, mais même s’ils étaient plus courts, cela n’empêcherait nullement d’avoir recours à la GPA car le premier souhait de parent est d’être d’abord le parent biologique de son enfant ». « Je voudrais répondre à chacune des mamans qui, dans votre article, se déclare contre la GPA ».

 

Les idées reçues sur la GPA

Laura : « Cela me semble contre nature et une forme d’esclavage des femmes dans les pays pauvres. »

« Le terme esclavage est extrêmement lourd et violent. Ces femmes ne sont les esclaves de personnes ! Elles mènent une vie tout à fait normale et toutes leurs dépenses sont couvertes… et pas seulement les dépenses médicales : les frais de transport pour aller chez le médecin, les vêtements de grossesse, une aide-ménagère si elle doit rester au repos et même la baby-sitter pour garder ses enfants lorsqu’elle doit se rendre chez le médecin. Dans notre cas, l’agence qui s’occupait de notre dossier organisait même, un dimanche par mois, une fête, un repas ou une séance dans un Spa… tout cela à notre charge. »

Domitille : « Je me mets à la place de celles qui acceptent d’être mères porteuses. Je pense qu’elles doivent énormément souffrir sachant qu’elles ne reverront jamais l’enfant qu’elles portent. J’ai moi-même un fils qui est mon plus grand bonheur et je serais incapable de le donner, même pour tout l’or du monde. »

« Il faut savoir que ces mamans sont parfaitement préparées et reçoivent un soutien psychologique tout au long de la grossesse. Elles le font en toute connaissance de cause. D’autre part, il est absolument faux de dire que les liens sont rompus et qu’elles ne reverront jamais cet enfant qu’elles ont porté : chaque cas est particulier  et, dans notre cas par exemple, notre fils est toujours en contact avec celle qui l’a porté, c’est un peu comme sa tante. Nous lui envoyons régulièrement des photos et des vidéos ; elle est très fière de ce qu’elle a fait et le referait sans aucune hésitation. »

 

GPA ou adoption ?

Angela : « Il y a des millions de bébés qui ont besoin d’une famille... »

« C’est vrai ! Pourquoi alors chère madame, n’accueillez-vous pas vous aussi un de ces enfants ? La réponse est simple : parce que vous, vous avez eu la chance d’être des parents biologiques.

J’ai des amis qui sont, depuis 6 ou 7 ans, sur liste d’attente pour une adoption, et croyez-moi, ils ont un désir profond de donner une famille à ces enfants. Au cours d’un des multiples entretiens auxquels nous avons assisté mon épouse et moi lorsque nous prétendions nous aussi à l'adoption, j’ai demandé à la personne qui s’occupait de notre dossier pourquoi il fallait attendre autant. Je pensais sincèrement qu’elle allait me dire qu’il n’y a pas assez d’enfants pour pouvoir répondre favorablement à toutes les demandes. Et bien pas du tout ! Il s’agit uniquement de problèmes administratifs : une honte !

Alors Madame, qu’auriez-vous fait à notre place sachant que vous aviez la possibilité d’avoir un enfant biologique… au-moins par l’intermédiaire de la GPA ? »

Mireille : « Je pense qu’il y a d’autres façons plus éthiques de devenir parents comme l’adoption ou devenir famille d’accueil. Il faut que chacun accepte son destin et essaye de compenser en vivant d’autres choses. »

« Que signifie « accepter son destin » ? Pourquoi devrais-je obligatoirement adopter si j’ai la possibilité d’avoir un enfant biologique ? Cette maman n’a probablement jamais eu le désir d’avoir un enfant ou, au contraire, en a eu sans aucun problème et elle ne peut se mettre à la place d’un couple qui connaît ce genre de difficultés. »

Alexandre conclu : « Avant de donner un avis, on devrait se poser la question : Qu’est-ce qui pousse ces gens à dépenser des fortunes, à hypothéquer leur vie en vendant maison et voiture, à faire des milliers de kilomètres pour se rendre dans un pays étranger, à vivre la grossesse si loin de leur bébé, etc… ? Nous voulons juste être, comme vous, des parents. Derrière chaque situation se cache une histoire douloureuse qui empêche une femme d’être maman : l’infertilité, une maladie, une erreur médicale, un accident, etc. Personne ne fait tout cela pour le plaisir. Tous les parents voudraient que les choses se déroulent normalement, naturellement, mais tous n’ont pas cette chance… La GPA est une solution pour de nombreux couples de réaliser leur rêve de devenir parent ».

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