L’allaitement maternel est bénéfique à l’enfant. Tout le monde le reconnaît. Mais l’allaitement prolongé dans le temps est souvent mal vu, suscite des critiques ou une inquiétude de la part de l’entourage.

Ici, toutes les questions autour de l’allaitement prolongé de bébé trouveront leurs réponses.

« Ma fille a maintenant 2 ans et demi, et je lui donne encore le sein tous les soirs avant de dormir. Je souhaite arrêter l’allaitement, mais je n’arrive pas à me résoudre par peur de ses cris. Arrêter maintenant revient à lui imposer un traumatisme. Je subis aussi, à côté, les critiques de mon partenaire et de ma famille. » Mireille, maman de Claire.

Les seins maternels procurent outre la nourriture, du confort, de la chaleur et de la protection aux petits bébés. Dernièrement, l’allaitement maternel a été « redécouvert » et reconnu pour ses bienfaits, preuves scientifiques à l’appui.

L’approbation générale à l’allaitement maternel se limite toutefois à la première année. Le prolongement au-delà de l’anniversaire de l’enfant ne s’aligne pas avec les mœurs. Les mamans qui s’aventurent à allaiter leur enfant de 2 ans ou plus finissent par douter de leurs propres convictions, la pression sociale étant parfois difficile à gérer. Mais chaque femme doit être libre de poursuivre ou non son allaitement. Les questions suivantes pourraient vous aider à trouver vos repères.


Allaitement: Jusqu’à quel âge faut-il allaiter le bébé?

Jusqu'à quel âge peut-on allaiter un enfant? Y a-t-il un moment où il est préférable d'arrêter l'allaitement? D’après l’Organisation Mondiale de la Santé, les 6 premiers mois de vie constituent la durée minimale pour l’allaitement maternel. Par la suite, d’autres aliments seront introduits mais le lait maternel restera l’aliment de base jusqu’à 1 an. La même organisation de référence conseille aux mamans de continuer à allaiter jusqu’à ce que l’enfant ait 2 ans et plus.

L’OMS donne ces recommandations en précisant que l’allaitement, s’il devait être prolongé, doit se faire selon les besoins de l’enfant en tenant compte du confort maternel. Un allaitement qui requiert des efforts insupportables pour la maman n’a pas lieu d’être. L’enfant doit être en mesure de retirer des bénéfices de ce contact. Et si la maman avait à arrêter l’allaitement, le passage à une autre forme d’alimentation devrait être vécu sans culpabilité de sa part du fait de ne pas donner le sein à son bébé.

En somme, l’allaitement maternel doit être un moment de pur bonheur à partager avec bébé. Sa durée idéale dépendra des convictions, du confort et de l’état de santé de la femme. L’influence de l’entourage ne doit pas intervenir puisqu’il s’agit d’un choix purement personnel. On attend de la famille qu’elle apporte encouragement et soutien, indépendamment de la décision maternelle.

Certaines mamans préfèrent attendre que leur enfant leur fasse comprendre qu’il ne souhaite plus téter et font un sevrage spontané. D’autres, par contre, choisissent le moment pour arrêter l’allaitement.

Autant donc décider librement et avec beaucoup de sérénité. Sachez qu’il n’y a aucune règle ni loi. Le plus important est de ne pas négliger les autres formes de communication avec le bébé qui vont évoluer au fur et à mesure qu’il grandit et explore son environnement.

 

Allaitement : Le lait maternel et les besoins nutritionnels

Est-il sensé de continuer à offrir le sein à un enfant dont l’alimentation est déjà variée ? L’idée selon laquelle le lait maternel n’est plus nourrissant après 1 an est l’une des objections les plus courantes à l’allaitement prolongé.

Donner le sein ne répond pas seulement à un besoin nutritionnel. La fraction affective de l’acte est aussi importante. Des recherches scientifiques ont déjà réfuté l’hypothèse selon laquelle la valeur nutritionnelle du lait maternel irait en diminuant. Tant que l’enfant tète, la maman continue à produire du lait de qualité. La quantité diminue vers la deuxième année puisque le nombre de tétées sera réduit progressivement. La composition du lait va suivre cette logique, avec beaucoup plus de graisse et donc plus d’énergie.

Les avantages de l’allaitement et du lait maternel et son rôle dans la construction des défenses immunitaires tend à être oublié. En effet, le lait a des propriétés antibactériennes renforcées à mesure que l’enfant grandit. Cette propriété revêt une grande importance au cours de la deuxième année où l’enfant commence à se joindre à d’autres enfants et contracte facilement des infections virales et bactériennes.

 

L’allaitement maternel est bon pour la santé de la maman

Les bienfaits de l’allaitement maternel ne se limitent pas à l’enfant. La maman profite aussi de ce contact et de ces échanges. Ces avantages sont proportionnels à la durée de l’allaitement. Un allaitement prolongé de bébé procurera des avantages plus remarquables qui seront visibles même à l’âge adulte.

Il a été récemment découvert que l’allaitement protège l’enfant du surpoids. La composition du lait maternel semble être un facteur de protection contre de nombreuses maladies, dont des infections respiratoires, digestives et autres. L’incidence de ces maladies diminue à mesure que la durée de l’allaitement maternel est prolongée. Même en cas de maladie, la guérison semble plus rapide, ou les symptômes sont plus atténués.

L’allaitement est bénéfique sur la santé de la maman dans la mesure où il réduit les risques de cancer du sein, du col de l’utérus et des ovaires. Son action sur la structure osseuse a également été observée, vu que les mamans qui allaitent longtemps ont moins de chances de développer une ostéoporose.

 

Allaitement : Comment se manifeste le sevrage spontané ?

À mesure que votre bébé grandit, le nombre de tétées diminuent jusqu’à ne laisser que la tétée du soir avant le sommeil. Débutent alors les nuits pendant lesquelles votre petit se rappelle de devoir téter pour s’endormir et les nuits où une histoire est suffisante pour trouver le sommeil. Dans ce cas, le sevrage s'effectue très progressivement, de sorte que, à un moment donné, la mère se rend compte que l'allaitement est définitivement terminé car son bébé ne réclame plus le sein depuis plusieurs jours.

 

Allaitement prolongé : Quand maman dit stop !

Comment agir quand l'allaitement n'est plus vécu comme un moment de détente et de plaisir ? Le sevrage doit être progressif et respecter l’enfant. Diminuez la fréquence des tétées pendant quelques jours en sautant une tétée puis une autre. Cette précaution évite l’engorgement mammaire ou mastite, qui peut vous faire très mal.

Vous sentez le besoin d’arrêter l’allaitement ? Servez-vous d’un anniversaire ou d’une date mémorable comme objectif. Expliquez-lui qu’il grandit et que désormais, il n’aura plus à prendre le sein. Vivez ce sevrage le plus naturellement possible sans forcer. Exprimez votre ressenti à votre enfant même s’il ne semble pas comprendre. Le brusquer ne ferait que générer un traumatisme.

Pour aider votre enfant après un allaitement prolongé, créez-lui de nouveaux rituels pour combler cette absence de tétée. Racontez-lui une histoire, chantez-lui une berceuse, réservez-lui un moment pour discuter avant de rejoindre son lit. Fait en douceur, l’arrêt d’un allaitement prolongé sera vite oublié par votre petit chéri prêt à de nouvelles explorations.