Comment savoir si votre bébé est intolérant ou allergique au lait maternel ?

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Bébé intolérant au lait de vache

Votre bébé se tortille après l'allaitement, pleure de manière inconsolable et présente un ventre gonflé ? Ces signes répétitifs après chaque tétée peuvent être le signe d'une réaction au lait maternel. Si votre petit ange semble en détresse digestive malgré tous vos efforts pour le consoler, il est possible qu'il présente une sensibilité alimentaire liée à votre alimentation.

 

Comprendre la différence entre allergie et intolérance vous permettra d'agir rapidement pour soulager votre enfant et retrouver des moments d'allaitement sereins.

L'être humain est naturellement conçu pour enfanter et nourrir ses bébés jusqu'à la maturation du tube digestif de ces derniers. C'est au niveau des intestins que l'assimilation se fait. Le lait maternel est donc l'aliment le plus complet et le plus assimilable pour le bébé, offrant une protection immunitaire inégalée et s'adaptant parfaitement aux besoins évolutifs de votre enfant.

La composition de votre lait varie tout au long de la tétée et s'adapte à la croissance de votre bébé. Le lait maternel est composé d'eau, de graisses, de sucres appelés lactose, de protéines, de micronutriments et, surtout, d'anticorps qui protègent le bébé contre les infections et renforcent son système immunitaire naissant.

L'alimentation maternelle influence directement la composition du lait. L'ingestion d'allergènes peut donc provoquer une hypersensibilité chez votre enfant, même si vous et votre partenaire ne présentez aucune allergie connue. Cette réaction peut survenir dès les premiers jours de vie et nécessite une surveillance attentive. Si vous suspectez une allergie au lait maternel chez votre enfant, n'hésitez pas à consulter un médecin pour avoir un diagnostic plus précis.

 

Les symptômes d'allergie au lait maternel chez bébé

Reconnaître les signes d'une réaction allergique au lait maternel peut être complexe car les symptômes varient d'un enfant à l'autre. Les manifestations peuvent apparaître dans les minutes suivant la tétée ou jusqu'à plusieurs heures après. Voici les principaux signes à observer :

Symptômes digestifs : Votre bébé peut présenter des coliques intenses, des reflux gastro-œsophagiens fréquents, des diarrhées parfois accompagnées de sang ou de mucus, des vomissements répétés, ou au contraire une constipation inhabituelle. Un ventre gonflé et dur, accompagné de gaz malodorants, peut également indiquer une difficulté à digérer certaines protéines.

Symptômes cutanés : L'eczéma persistant, l'urticaire, les rougeurs autour de la bouche après la tétée, ou un gonflement du visage et des lèvres constituent des signaux d'alarme importants. Ces manifestations cutanées peuvent apparaître de manière isolée ou accompagner d'autres symptômes.

Symptômes respiratoires et comportementaux : Une respiration sifflante, une toux persistante, un nez qui coule constamment, ainsi qu'une irritabilité excessive, des pleurs inconsolables et des troubles du sommeil peuvent également révéler une intolérance. Un refus soudain du sein ou des difficultés à téter peuvent compléter ce tableau clinique.

Il est crucial de noter ces symptômes dans un carnet pour faciliter le diagnostic médical et identifier d'éventuels patterns récurrents.

 

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Bébé allergique : les allergènes alimentaires les plus fréquents

Tous les aliments ingérés par la maman passent dans son lait maternel, et certains peuvent déclencher des réactions chez les bébés sensibles. L'odeur de l'ail et de l'oignon passe également dans le lait, ce qui peut perturber ou révulser l'enfant. La durée entre l'ingestion de l'aliment et le passage de ses composants dans le lait varie de 2 heures à 3 jours, rendant parfois difficile l'identification de l'allergène responsable.

Si le métabolisme de la maman est accéléré, le phénomène se produira plus rapidement. Cette variabilité temporelle explique pourquoi il est essentiel de tenir un journal alimentaire détaillé.

Les allergènes les plus fréquents chez les bébés nourris au sein sont :

  • Les protéines du lait de vache (présentes dans tous les produits laitiers) : caséines, lactalbumine et lactoglobuline. Pour confirmer cette allergie, le médecin recommandera la suppression complète du lait et des produits laitiers dans votre alimentation. Le processus de désintoxication peut prendre du temps - il faut attendre environ 2 à 4 semaines pour observer l'amélioration des symptômes.
  • Les allergènes alimentaires courants : œufs, blé (gluten), maïs, poisson et fruits de mer, fruits secs et noix, oignons et ail, fruits rouges (fraises, framboises), agrumes (oranges, citrons), chocolat et cacao, soja et légumineuses.

Certains aliments comme les épices fortes, la caféine ou l'alcool peuvent également provoquer des troubles digestifs chez les nourrissons particulièrement sensibles.

 

Quand faut-il consulter le pédiatre ?

Dès que vous découvrez que votre bébé a un comportement inhabituel ou anormal après une tétée, demandez l'avis d'un médecin. Il vaut mieux le faire avant que le symptôme ne se répète et ne s'aggrave. Une consultation en urgence s'impose si votre bébé présente des difficultés respiratoires, un gonflement du visage, des vomissements projectiles ou du sang dans les selles.

Le pédiatre est en mesure de vous informer sur la substance allergénique que votre enfant ne supporte pas. Cette analyse peut toutefois prendre beaucoup de temps et nécessiter plusieurs consultations. Le médecin pourra vous demander d'arrêter de manger tel ou tel aliment potentiellement allergénique pendant une période d'épreuve de 2 à 4 semaines pour dépister la cause de l'allergie de votre bébé à votre lait.

Une fois que le médecin a repéré l'aliment responsable de l'allergie chez l'enfant, il va évaluer l'intensité de la réaction allergique. Il se servira de tests qui vont déterminer le seuil de consommation à ne pas dépasser et proposera un plan d'éviction adapté. Dans la plupart des cas, ces allergies disparaissent spontanément avant l'âge de 2 à 3 ans, permettant une réintroduction progressive des aliments problématiques.

Il est important de maintenir l'allaitement maternel malgré ces contraintes alimentaires, car ses bénéfices restent supérieurs aux inconvénients temporaires.

 

L'intolérance des bébés au lactose : différences avec l'allergie

Il est essentiel de distinguer l'allergie aux protéines de lait de l'intolérance au lactose, car ces deux problèmes nécessitent des approches différentes. Dans la pratique, aucun bébé n'est intolérant au lactose à la naissance. Si le bébé souffre exceptionnellement de cette condition, vous le reconnaîtrez par des signes comme la diarrhée chronique, les ballonnements et les gaz excessifs.

L'allergie aux protéines de lait implique le système immunitaire et peut provoquer des symptômes variés (digestifs, cutanés, respiratoires), tandis que l'intolérance au lactose est un problème de digestion lié à une insuffisance d'enzyme lactase et ne provoque que des troubles digestifs.

Voici les causes probables d'une intolérance au lactose :

  • Causes génétiques ou primaires : Plus fréquentes parmi les populations asiatique et africaine, dues au ralentissement naturel de la production de lactase au fil des ans chez les adultes. Cette forme est très rare chez les nourrissons européens.
  • Intolérance secondaire temporaire : Due à une maladie (gastro-entérite, infection intestinale) ou à une irritation du système digestif du bébé. Le système digestif subit une inflammation qui réduit temporairement la production de lactase. Lorsque la maladie causale est guérie, la tolérance au lactose se rétablit spontanément.

Malgré une intolérance secondaire au lactose, le médecin vous recommandera de poursuivre l'allaitement, tant que votre enfant prend régulièrement du poids. Une autre alternative proposée par le médecin consisterait en l'alternance des tétées avec des biberons au lait sans lactose pendant 3 mois, le temps que ses intestins guérissent. Une surveillance de sa croissance est indispensable pendant cette période.

 

Comment gérer l'allergie au lait maternel au quotidien

La gestion d'une allergie alimentaire chez un bébé allaité demande patience et organisation. Le régime d'éviction de la mère est le traitement de première intention et doit être suivi rigoureusement pour être efficace.

Étapes du régime d'éviction : Commencez par éliminer complètement l'allergène suspecté de votre alimentation pendant 2 à 4 semaines. Lisez attentivement toutes les étiquettes alimentaires car certains allergènes peuvent se cacher sous d'autres noms. Tenez un journal alimentaire détaillé pour identifier d'éventuels allergènes secondaires. Surveillez l'évolution des symptômes de votre bébé et notez toute amélioration.

Maintien d'une alimentation équilibrée : L'élimination de certains aliments, notamment les produits laitiers, peut entraîner des carences nutritionnelles. Il est crucial de compenser par d'autres sources de calcium (sardines, amandes, légumes verts à feuilles), de protéines (viandes, poissons, légumineuses) et de vitamines. Une consultation avec un nutritionniste peut s'avérer très utile.

Réintroduction progressive : Après amélioration des symptômes, la réintroduction des aliments se fait généralement sous supervision médicale. Cette étape permet de confirmer le diagnostic et d'établir le seuil de tolérance de votre bébé. Dans la plupart des cas, une tolérance complète s'installe avant l'âge de 12 à 24 mois.

N'hésitez pas à demander le soutien de votre entourage et de professionnels de santé pour traverser cette période parfois éprouvante. Des solutions existent pour soulager les coliques et l'inconfort digestif en attendant que le régime d'éviction fasse effet.

 

Vos questions fréquentes concernant l'allergie au lait maternel

 

1. Mon bébé peut-il vraiment être allergique à mon lait maternel ?
Techniquement, votre bébé n'est pas allergique au lait maternel lui-même, mais aux protéines alimentaires que vous consommez et qui passent dans votre lait. Le lait maternel reste le meilleur aliment pour votre bébé, même en cas d'allergie alimentaire.

 

2. Combien de temps faut-il pour voir une amélioration après avoir éliminé un allergène ?
Les symptômes peuvent commencer à s'améliorer dès 48 à 72 heures, mais il faut généralement attendre 2 à 4 semaines pour observer une amélioration significative et durable des symptômes de votre bébé.

 

3. Dois-je arrêter l'allaitement si mon bébé est allergique ?
Non, l'allaitement doit être maintenu dans la très grande majorité des cas. Il suffit généralement d'adapter votre alimentation en évitant les allergènes identifiés. L'arrêt de l'allaitement n'est envisagé qu'en cas d'allergies multiples sévères et sous strict contrôle médical.

 

4. Les allergies alimentaires chez le bébé allaité sont-elles fréquentes ?
Les vraies allergies alimentaires chez les bébés allaités restent relativement rares, touchant environ 2 à 7% des nourrissons. Les intolérances temporaires et les sensibilités digestives sont plus fréquentes et généralement transitoires.

 

5. Comment différencier une allergie des coliques normales du nourrisson ?
Les coliques classiques surviennent généralement en fin de journée et s'améliorent vers 3-4 mois. Les réactions allergiques sont plus constantes, apparaissent après les tétées et s'accompagnent souvent d'autres symptômes (cutanés, digestifs spécifiques). En cas de doute, consultez votre pédiatre. V

Vanessa Buitrago, nutritionniste

 

 

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