Trois semaines après avoir donné naissance à son fils Léon, Marine Tondelier a annoncé ce mercredi 14 octobre 2026 qu'elle reprenait sa campagne pour l'élection présidentielle de 2027, après près de quatre semaines de congé maternité.
Sur BFMTV et dans un message adressé à la presse, la cheffe des Écologistes a surtout répondu aux critiques reçues depuis son accouchement, avec une formule qui parle à beaucoup de jeunes mères : « Lâchez la grappe aux femmes, arrêtez de les juger toujours aussi sévèrement. » L'occasion de faire le point sur ce que prévoit la loi après une naissance, et sur l'importance des premières semaines du post-partum.
Marine Tondelier reprend sa campagne après près de quatre semaines de congé maternité
Marine Tondelier avait annoncé sa grossesse fin mars 2026, en parlant d'un « bébé miracle » qu'elle n'osait plus espérer. Son fils Léon est né le 23 septembre 2026. Plusieurs médias ont souligné une première : une candidate déclarée à l’élection présidentielle qui accouche en pleine précampagne.
Selon l'AFP, elle a expliqué ce 14 octobre que son enfant resterait sa « priorité » et que la reprise se ferait « au fur et à mesure, au rythme que j'arriverai à tenir ». Elle a précisé avoir « la chance d'être bien suivie médicalement », tout comme son bébé. Quatre jours seulement après l'accouchement, elle avait participé à une marche pour le climat, puis à plusieurs rassemblements lycéens près de chez elle, ce qui lui avait valu de nombreux commentaires.
La candidate a indiqué vouloir faire de la maternité, de la santé sexuelle et reproductive et du post-partum des thèmes de sa campagne, en estimant que « c'est tout le système qu'il faut changer ». Au-delà du débat politique, sa prise de parole met en lumière une réalité que vivent de nombreuses femmes après une naissance : celle d'être jugées, quelle que soit la façon dont elles organisent leurs premières semaines avec bébé.

« Lâchez la grappe aux femmes » : pourquoi les jeunes mères sont autant jugées
Marine Tondelier raconte avoir reçu de nombreux messages de soutien, mais aussi des jugements sur ce qu'elle « devrait » faire en tant que jeune mère, d'autant plus en tant que femme politique. Elle trouve « incroyable de devoir se justifier sur ce sujet », tout en ajoutant que c'est « encore nécessaire en 2026 ». Et elle conclut : chaque femme qui vient d'accoucher « fait comme elle peut, comme elle veut et surtout comme elle le sent », avant de glisser : « Je suis comme tous les parents qui me liront : je fais au mieux. »
Ce sentiment, beaucoup de mères le connaissent, sans être candidates à quoi que ce soit. Reprendre le travail « trop tôt » ou « trop tard », allaiter ou donner le biberon, faire garder son bébé ou non, sortir avec un nouveau-né ou rester à la maison : chaque choix peut susciter une remarque, de la famille, des collègues ou des inconnus sur les réseaux sociaux. Ces injonctions contradictoires pèsent sur le moral à un moment où la fatigue est déjà intense, et elles nourrissent la culpabilité. Les professionnels de la périnatalité le rappellent régulièrement : il n'existe pas une seule bonne manière de vivre l'après-naissance, et l'essentiel est de trouver un équilibre qui convient à la mère, au bébé et à la famille.
Cette pression sociale touche aussi l'image du corps et la récupération. Sur ce sujet, lisez notre article qui explique pourquoi oublier l'injonction de retrouver son corps après l'accouchement.
Congé maternité : ce que prévoit la loi en France
La situation d'une responsable politique n'est pas celle d'une salariée : une élue ou une candidate n'est pas soumise au Code du travail pour son mandat. Pour la majorité des femmes, en revanche, le cadre est précis.
Pour une salariée, le congé maternité dure 16 semaines pour un premier ou un deuxième enfant (6 semaines avant la date prévue d'accouchement et 10 semaines après), et 26 semaines à partir du troisième enfant. Une partie est obligatoire : l'employeur ne peut pas faire travailler une salariée pendant 8 semaines au total, dont 6 semaines après l'accouchement. Même si elle le souhaite, une salariée ne peut donc pas reprendre son poste quatre semaines après avoir accouché. Les travailleuses indépendantes peuvent, elles, être indemnisées à condition de cesser leur activité au moins 8 semaines, dont 2 avant la naissance.
Depuis le 1er juillet 2026, le nouveau congé supplémentaire de naissance permet en outre à chaque parent salarié de prendre un ou deux mois de plus après le congé maternité ou paternité, avec une indemnisation dégressive. Pour connaître vos droits en détail, les démarches et le calcul des indemnités journalières, consultez notre dossier complet sur le congé maternité.
Post-partum : pourquoi les premières semaines comptent
Quel que soit le moment choisi pour reprendre ses activités, le corps a besoin de temps après une naissance. L'utérus met environ six semaines à retrouver sa taille, les saignements (les lochies) peuvent durer plusieurs semaines, et le périnée comme la cicatrice éventuelle d'une épisiotomie ou d'une césarienne doivent cicatriser. S'y ajoutent les nuits hachées, l'allaitement éventuel et les bouleversements hormonaux. C'est pourquoi le repos des premières semaines est recommandé, même lorsqu'on se sent en forme.
Plusieurs rendez-vous existent pour accompagner cette période et ne doivent pas être négligés :
- l'entretien postnatal précoce, obligatoire depuis 2022, entre la 4e et la 8e semaine après l'accouchement, avec une sage-femme ou un médecin, pour faire le point sur votre santé physique et psychique ;
- la consultation postnatale, dans les 6 à 8 semaines suivant la naissance, qui permet notamment de prescrire la rééducation du périnée et de parler contraception ;
- les visites de suivi à domicile par une sage-femme après la sortie de maternité, prises en charge par l'Assurance maladie.
Ces rendez-vous sont aussi l'occasion de repérer les signes d'un épuisement ou d'une dépression post-partum, qui touche environ une mère sur six. Tristesse persistante, troubles du sommeil même quand bébé dort, anxiété envahissante ou sentiment de ne pas être une bonne mère doivent amener à en parler sans attendre. Et si vous préparez votre retour au travail, notre checklist pour préparer la reprise après le congé maternité vous aidera à vous organiser sereinement.
Vos questions fréquentes concernant la reprise après un accouchement
1. Une salariée peut-elle reprendre le travail quatre semaines après son accouchement ?
Non. Une salariée ne peut pas être employée pendant les 6 semaines qui suivent l'accouchement, même si elle le demande. Elle peut en revanche renoncer à une partie du reste de son congé maternité.
2. Peut-on décaler une partie du congé prénatal après la naissance ?
Oui. Sur avis favorable d'un médecin ou d'une sage-femme, une partie du congé prénatal, jusqu'à 3 semaines, peut être reportée après l'accouchement.
3. Est-il risqué de sortir ou de marcher quelques jours après l'accouchement ?
Une marche courte et tranquille est en général possible si l'accouchement s'est bien passé et que vous vous sentez bien. Écoutez votre fatigue, évitez de porter lourd et demandez conseil à votre sage-femme, surtout après une césarienne.
4. Comment réagir face aux remarques sur ses choix de jeune mère ?
Vous n'avez pas à vous justifier. Une réponse courte comme « c'est ce qui nous convient » suffit souvent. Si les remarques pèsent sur votre moral, parlez-en à votre sage-femme lors de l'entretien postnatal.
5. Le père peut-il prendre le relais ?
Oui. Le congé de paternité et d'accueil de l'enfant dure 25 jours (32 en cas de naissances multiples), dont 4 jours obligatoires après les 3 jours de naissance, et il peut être complété par le congé supplémentaire de naissance.
Conclusion
En reprenant sa campagne trois semaines après la naissance de son fils, Marine Tondelier a choisi de répondre aux critiques par un message simple : chaque femme qui vient d'accoucher doit pouvoir faire ses choix sans être jugée. Pour la plupart des mères, le cadre reste celui du congé maternité, avec ses 6 semaines obligatoires après l'accouchement. Prendre soin de soi pendant le post-partum, honorer ses rendez-vous de suivi et demander de l'aide quand la fatigue s'installe restent les meilleurs moyens de vivre cette période le plus sereinement possible.


