Préférer un de ses enfants, c'est possible ? Un tabou parental aux conséquences souvent sous-estimées

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Préférer un de ses enfants, c'est possible ?

Aimer ses enfants de façon parfaitement égale est un idéal largement partagé par les parents. Pourtant, derrière cette conviction se cache une réalité plus nuancée. De nombreuses études récentes indiquent qu’une part importante de parents reconnaissent ressentir, à certains moments, une affinité particulière avec l’un de leurs enfants. Ce constat, souvent vécu avec gêne ou culpabilité, interroge sur les effets possibles à court et à long terme sur l’équilibre familial.

 

Chez les mères de jeunes enfants et les femmes enceintes, cette question est particulièrement sensible. De la grossesse aux trois premières années de vie, les liens affectifs se construisent intensément. Dans ce contexte, même des différences discrètes d’attention, de patience ou de disponibilité émotionnelle peuvent être perçues par les enfants et influencer leur sentiment de sécurité.

Reconnaître l’existence possible d’un favoritisme parental ne revient pas à remettre en cause l’amour porté à chacun de ses enfants. Il s’agit plutôt de comprendre un mécanisme humain afin d’en limiter les effets et de favoriser une relation équilibrée et sécurisante pour tous.

 

Le favoritisme parental : une réalité plus fréquente qu’on ne l’imagine

Le favoritisme parental ne correspond pas toujours à une préférence clairement assumée. Il se manifeste le plus souvent de manière subtile, par une relation plus fluide, une tolérance accrue ou un attachement émotionnel plus fort envers l’un des enfants.

Les travaux en psychologie familiale montrent que de nombreux parents, lorsqu’ils sont interrogés de façon anonyme, admettent se sentir plus proches d’un enfant à un moment donné de leur vie familiale. Cette préférence peut évoluer avec le temps, selon l’âge des enfants, leur tempérament ou les circonstances de la vie quotidienne.

Dans les familles avec de jeunes enfants, plusieurs facteurs peuvent renforcer ce phénomène. Un bébé plus calme, un enfant qui dort mieux ou qui pleure moins, ou encore une relation renforcée par l’allaitement peuvent inconsciemment créer un lien plus intense. À l’inverse, un enfant plus agité ou plus exigeant peut mettre à l’épreuve la patience parentale, sans que cela ne traduise un manque d’amour.

Même lorsqu’il n’est pas volontaire, ce déséquilibre relationnel peut être perçu par les enfants, qui sont très sensibles aux variations d’attention et d’affection.

 

Pourquoi certains parents développent-ils une préférence pour un enfant ?

Le favoritisme parental s’explique souvent par des mécanismes inconscients liés à l’histoire personnelle du parent. Un enfant peut évoquer une part de soi, un souvenir positif ou une relation passée, tandis qu’un autre peut réveiller des peurs, des frustrations ou des blessures émotionnelles non résolues.

La grossesse et les premiers mois de vie jouent également un rôle central. Une grossesse vécue sereinement, très attendue ou survenue après un parcours difficile peut renforcer l’attachement émotionnel envers l’enfant à naître. À l’inverse, une grossesse compliquée, un accouchement difficile ou une dépression post-partum peuvent influencer la qualité du lien initial.

Il est important de rappeler que le favoritisme n’est pas figé. Un enfant très fusionnel dans la petite enfance peut laisser plus de place affective à un frère ou une sœur à une autre étape de développement. Cette évolution souligne que les préférences parentales sont souvent contextuelles et évolutives.

 

Quels effets du favoritisme parental sur les enfants, dès la petite enfance ?

Les enfants perçoivent très tôt les différences de traitement, même lorsqu’elles ne sont jamais formulées. Un regard plus indulgent, une disponibilité accrue ou une valorisation plus fréquente sont autant de signaux qui participent à la construction de leur perception affective.

Pour l’enfant perçu comme “préféré”, les conséquences ne sont pas systématiquement positives. Il peut ressentir une pression implicite à répondre aux attentes parentales, développer une peur de décevoir ou éprouver des difficultés à s’affirmer en dehors du regard du parent.

Pour l’enfant qui se sent moins favorisé, les impacts peuvent être plus visibles. Une baisse de l’estime de soi, une recherche excessive d’attention ou, au contraire, un retrait émotionnel sont fréquemment observés. La rivalité entre frères et sœurs peut également s’intensifier.

Chez les enfants de 0 à 3 ans, ces tensions s’expriment souvent par des troubles du sommeil, des pleurs fréquents, une agitation inhabituelle ou des comportements de régression. À long terme, le sentiment de ne pas être aimé de la même manière peut influencer la confiance en soi et les relations affectives.

 

Questions fréquentes sur le favoritisme parental

 

Est-il normal d’avoir un enfant préféré ?
Ressentir des affinités différentes avec chacun de ses enfants est humain. Ces préférences sont souvent inconscientes et évolutives. L’essentiel est d’en avoir conscience pour éviter qu’elles n’entraînent des différences de traitement durables.

 

Le favoritisme parental est-il toujours perçu par les enfants ?
Les enfants sont particulièrement sensibles aux variations d’attention et d’affection. Même lorsqu’elles sont subtiles, ces différences peuvent être ressenties, notamment durant la petite enfance.

 

Le favoritisme peut-il évoluer avec le temps ?
Oui, il peut évoluer en fonction des phases de développement, des événements familiaux et du travail émotionnel réalisé par le parent sur lui-même.

 

Comment limiter les effets du favoritisme sur ses enfants ?
Prendre conscience de ses émotions, valoriser chaque enfant dans sa singularité et accorder des moments individualisés permet de réduire les effets négatifs du favoritisme.

 

Le favoritisme parental nuit-il à la relation entre frères et sœurs ?
Il peut accentuer les rivalités et les comparaisons. Une attention équilibrée et une communication bienveillante sont essentielles pour préserver des relations fraternelles sereines.

 

Conclusion

Le favoritisme parental est un sujet sensible, souvent entouré de culpabilité et de non-dits. Pourtant, l’ignorer n’en supprime pas les effets. À l’inverse, reconnaître ses émotions permet de mieux les réguler et d’éviter qu’elles ne se traduisent par des déséquilibres relationnels.

Pour les femmes enceintes et les parents de jeunes enfants, cette prise de conscience constitue une étape clé. En restant attentif aux besoins émotionnels de chaque enfant et en valorisant leur singularité, il est possible de construire un climat familial sécurisant, propice au développement affectif de tous.

 

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