Le streptococcus agalactial, streptocoque de groupe B ou SGB est une famille de bactéries dangereuse pour les fœtus et bébés. D’après l’OMS -l’organisation mondiale de la santé - 20 millions de femmes enceintes, soit 15% des femmes enceintes dans le monde, seraient porteuses de ce virus chaque année.

Présentation de la bactérie mortelle

Ces bactéries seraient responsables de 500 000 naissances prématurées, et du décès de 150 000 nourrissons ou bébés mort-nés tous les ans. Elles seraient aussi responsables de handicaps chez le nouveau-né comme des troubles neurologiques, de la paralysie cérébrale, de la déficience auditive et de la cécité.

Le SGB se développe à l’intérieur du tube digestif de la femme. Il transite ensuite au niveau du vagin, plus précisément dans la flore vaginale, au détriment du microbiote environnant. Pour rappel, le microbiote vaginal est l’ensemble des micro-organismes évoluant dans le vagin de la femme qui lutte contre la prolifération des pathologies et infections. Dans cet environnement, on sait que le SGB est peut-être présent à un taux variant entre 5 et 40%.

Il faut savoir que cette famille de bactéries ne constitue pas un danger pour la vie ou la santé de la femme enceinte porteuse. Mais on ne peut en dire autant pour le nouveau-né, principale victime de ces bactéries. Elles peuvent se transmettre de deux manières : in-vitro et par voie vaginale. Dans la plupart des cas, le virus est identifié dans les 24H après la naissance du bébé.

Transmission et traitement des bactéries SGB

Les bactéries SGB ne provoquent pas de symptôme chez la femme, c’est pourquoi les problèmes sont difficiles à identifier. Concrètement, il est recommandé d’effectuer des tests de dépistage à partir de la 34ème semaine de grossesse pour prévenir une infection et le cas échéant pouvoir la traiter tôt.

Si les bactéries ne sont pas localisées et traitées chez la femme adulte, il leur reste deux modes de transmission au nouveau-né. Le premier type de transmission se réalise in-vitro. Dans ce cas, le nouveau-né est contaminé par le liquide amniotique. Le second type de transmission a lieu par voie vaginale, si le bébé passe par voie basse.

Dans 80% des cas, le SGB est identifié dans les 24H après la naissance du bébé. Il peut aussi être découvert plus tard, jusqu’à 3 mois après la naissance. La méningite chez le bébé par exemple peut indiquer la présence de ces bactéries.

Si les bactéries sont découvertes à temps, il est possible de les neutraliser. Le traitement se fait principalement par antibiotiques antibioprophylaxie en intra-partum chez la mère lors de l’accouchement. Au cours de ce traitement, la femme atteinte effectue des prises de pénicilline ou d’amoxicilline selon la posologie indiquée par le spécialiste. Il existe aussi un traitement chez l’enfant. Dans cette seconde thérapie, l’enfant reçoit des doses d’amoxicilline par voie intraveineuse.

D’après l’OMS les populations d’Afrique sub-saharienne sont les plus victimes du SGB, les populations d’Asie de l’EST et du Sud Est de l’Asie présentent aussi un taux assez élevé de contamination.

L’urgence du vaccin selon l’OMS

L’OMS a émis un cri d’urgence pour qu’un vaccin contre le virus SGB soit mis sur le marché car devant la montée croissante des décès dus à ce virus, l’organisme mondial ne peut pas se taire. 19 700 000 de femmes sont atteintes chaque année par le virus, 518 000 naissances précoces sont causées par le virus, 390 000 infections de nouveau-nés, et 91 000 décès chaque année.

Des démarches avaient été entreprises par le passé pour trouver un vaccin à ce virus mais 30 ans après la première proposition, il n’y a pas eu d’avancée déterminante. Or, des études ont montré que la menace des streptocoques de groupe B a été sous-évaluée jusqu’ici. L’organisation mondiale de la santé pense qu’un vaccin anti-SGB pourrait sauver de la mort 50 000 nouveau-nés chaque année.

Administré lors des examens de routine durant la grossesse, un tel vaccin permettrait de vaincre les effets de la bactérie SGB. Grâce à ce vaccin, les anticorps de la mère pourraient pénétrer dans le placenta assurant ainsi la protection des bébés face aux septicémies et aux méningites.

C’est pourquoi l’OMS en appelle aux chercheurs, aux laboratoires qui travaillent pour le développement de ce vaccin depuis une dizaine d’années. Elle les encourage, et invite les bailleurs de fonds à mettre à disposition les capitaux nécessaires pour que cette aventure scientifique aboutisse. Selon l’organisme, au bout du tunnel, c’est un marché de 17 milliards de dollar US qui est en jeu.

Conclusion

La bactérie SGB est inoffensive pour la femme enceinte, mais dangereuse pour le nouveau-né. Aujourd’hui encore, elle empêche des familles entières d’avoir des enfants. Face aux chiffres alarmants des méfaits des bactéries SGB, l’OMS interpelle les laboratoires et les bailleurs de fonds pour trouver un vaccin afin d’épargner 50 000 nouveau-nés d’une mort qu’ils n’ont pas choisi.